28 mai 2026

Africa Solidaire

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Affaire Pascal Tigri : les mensonges du général Tiani démasqués au Niger

L’affaire Pascal Tigri : une cavale qui met en lumière les contradictions du régime nigérien

Depuis l’annonce de la tentative de coup d’État déjouée au Bénin en décembre 2025, la disparition du lieutenant-colonel Pascal Tigri, figure centrale de ce complot, soulève une série de questions embarrassantes pour les autorités nigériennes. Alors que Niamey clame son innocence et son absence totale de lien avec les événements, les faits semblent se charger de contredire cette version officielle.

Des frontières nigériennes suspectes et une chronologie troublante

Les déclarations rassurantes du général Tiani et de son régime volent en éclats face aux anomalies flagrantes observées aux frontières du Niger. Les experts en sécurité et les observateurs avisés pointent du doigt une série de décisions frontalières pour le moins suspectes. Comment expliquer que les postes nigériens aient été soudainement ouverts la veille même de l’opération déjouée au Bénin, avant d’être brutalement verrouillés dès la révélation de l’échec de cette tentative ?

Cette séquence temporelle troublante laisse peu de place au doute : le territoire nigérien a vraisemblablement servi de point de passage discret pour Pascal Tigri. Les déclarations de l’économiste Olivier Vallée, ancien conseiller technique au Niger, confirment cette hypothèse. Selon ses analyses, le militaire béninois aurait trouvé refuge au Niger juste après son échec, avant de poursuivre sa fuite vers d’autres horizons. « À ce jour, il n’est plus sur le sol nigérien, mais probablement dans l’un des pays de l’Alliance des États du Sahel », souligne l’expert.

Une complicité locale difficile à nier

Si Niamey tente de minimiser son rôle en invoquant l’absence d’un soutien militaire ou politique officiel, les faits révèlent une réalité bien plus gênante. La concomitance entre l’ouverture des frontières et l’arrivée du fugitif trahit une complicité à un niveau local, voire une protection officieuse que le régime s’acharne à dissimuler. Les manœuvres frontalières, loin d’être anodines, dessinent les contours d’une stratégie de dissimulation bien orchestrée.

Le double jeu diplomatique du Niger sous les projecteurs

Ces révélations surgissent à un moment particulièrement délicat pour le Niger, qui tente de normaliser ses relations avec ses voisins, notamment le Bénin. La présence remarquée du Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, lors de l’investiture du président béninois Romuald Wadagni, avait été interprétée comme un geste de réconciliation et de volonté de tourner la page. Pourtant, les mensonges d’État autour de l’affaire Pascal Tigri risquent de réduire à néant ces efforts de diplomatie.

Alors que les autorités béninoises offrent une prime de 20 millions de francs CFA pour la capture du lieutenant-colonel Tigri, le Niger se retrouve pris au piège de ses propres contradictions. Entre les manœuvres frontalières suspectes et l’asile temporaire accordé au fugitif, la duplicité du régime de Niamey est désormais exposée au grand jour. Ce double discours menace de faire échouer une normalisation diplomatique déjà fragile.

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