2 juillet 2026

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Autonomie du Sahara : les garanties d’application au cœur d’un débat onusien

Autonomie du Sahara : les garanties d’application au cœur d’un débat onusien

Lors d’un séminaire organisé à New York par la Mission permanente du Maroc auprès de l’ONU, des experts et universitaires ont analysé les modèles d’autonomie territoriale, en lien avec la résolution 2797. Parmi eux, Omar Hilale, ambassadeur du Maroc à l’ONU, a souligné l’importance des garanties pour concrétiser un plan d’autonomie viable et durable.

Omar Hilale, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU.

Un séminaire international s’est tenu à New York le 1er juillet 2026, réunissant des experts et chercheurs pour discuter des modalités de mise en œuvre des accords d’autonomie territoriale. Cette rencontre, organisée par la Mission permanente du Maroc à l’ONU, s’inscrit dans un contexte marqué par l’adoption de la résolution 2797, un texte historique pour le dossier du Sahara.

Omar Hilale, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, a ouvert les débats en qualifiant ce séminaire de « moment clé ». Il a rappelé que la résolution 2797, adoptée en octobre de l’année précédente, consacre sans ambiguïté le plan d’autonomie marocain sous souveraineté nationale comme unique base pour une solution politique négociée et acceptable pour toutes les parties.

Le diplomate a souligné que ce plan n’est pas une simple proposition, mais un projet concret de gouvernance, appuyé par des infrastructures, des investissements et des garanties constitutionnelles. Il a cité des réalisations tangibles dans les provinces du Sud, comme le projet de data center à Dakhla ou le futur port en eau profonde sur l’Atlantique, illustrant la viabilité économique de ce modèle.

M. Hilale a également rappelé que plus de 130 États membres de l’ONU, dont trois membres permanents du Conseil de sécurité, soutiennent cette initiative. Une dynamique internationale qui précède l’examen d’une nouvelle résolution sur le Sahara, prévue dans les prochains mois.

Le thème central du séminaire, « Dans une autonomie négociée, il n’y a pas de valeur si cette autonomie n’est pas garantie », a mis en lumière l’importance des mécanismes de suivi et de protection juridique. L’initiative marocaine prévoit en effet une gestion autonome des affaires locales par les populations du Sahara, via des institutions législatives, exécutives et judiciaires dotées de compétences propres.

Un éclairage comparatif sur les expériences d’autonomie

Marc Finaud, modérateur du séminaire et conseiller au Centre de politique de sécurité de Genève, a rappelé que l’initiative marocaine, déposée en 2007, ne cherche pas à remplacer les négociations onusiennes, mais à les éclairer par des comparaisons internationales.

Plusieurs modèles ont été analysés, chacun apportant des enseignements sur les garanties nécessaires à la pérennité d’une autonomie. Diego Muñoz, spécialiste de l’île de Pâques (Rapa Nui), rattachée au Chili, a décrit un processus inachevé, marqué par des années de discussions sans avancée concrète. Il a souligné l’importance de la consultation des populations locales, un principe central de l’initiative marocaine.

Sémir Al Wardi, professeur à l’Université de la Polynésie française, a distingué l’autonomie administrative de l’autonomie politique. Il a jugé que le plan marocain est « plus généreux » que le modèle français applicable à la Polynésie, car il prévoit un pouvoir législatif pour la région du Sahara. Une approche comparable à certains modèles européens comme en Espagne ou au Royaume-Uni.

Pour cet universitaire, les ressources financières sont également un pilier essentiel : une région ne peut exercer pleinement ses compétences sans moyens suffisants. L’autonomie permet ainsi d’affirmer une identité tout en restant intégrée à un ensemble étatique.

Les garants d’une autonomie durable

Heikki Mattila, professeur à la School for International Training de Genève, a présenté l’expérience des îles Åland, territoire autonome de Finlande. Ce statut, né d’une crise historique, repose sur des garanties solides : protection linguistique, restrictions foncières pour les non-résidents, compétences locales, régime fiscal spécifique et neutralisation militaire. Les lois d’autonomie bénéficient d’une protection quasi constitutionnelle, limitant toute modification unilatérale.

M. Mattila a insisté sur la nécessité d’un partage clair des compétences et d’une flexibilité permettant une évolution du statut. Des mécanismes institutionnels, comme l’examen des lois régionales par la Cour suprême finlandaise, assurent un équilibre entre autonomie et cohésion nationale.

Enfin, Dagikhudo Dagiev, chercheur à l’Institute of Ismaili Studies de Londres, a analysé le cas du Haut-Badakhchan au Tadjikistan. Malgré une autonomie constitutionnelle, ce territoire souffre d’une centralisation excessive, avec des responsables nommés par le pouvoir central et des compétences limitées. Cette expérience illustre l’importance de garanties effectives : ancrage constitutionnel, ressources propres, mécanismes de règlement des différends et protection contre toute remise en cause unilatérale.

En conclusion, Marc Finaud a retenu plusieurs principes communs à ces modèles : une inscription constitutionnelle du statut, un accord international, une définition précise des compétences, des ressources propres et des mécanismes de protection. Autant d’éléments qui renforcent la crédibilité de l’initiative marocaine, conçue pour s’inscrire dans la durée et répondre aux aspirations des populations concernées.

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