28 mai 2026

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Burkina Faso : suspension de l’Union générale des étudiants et arrestation de son président

Burkina Faso : suspension de l’Union générale des étudiants et arrestation de son président

Le gouvernement burkinabè a annoncé la suspension pour trois mois, renouvelable, de l’Union générale des étudiants du Burkina (Ugeb), principale organisation étudiante du pays. Cette mesure, prise par le ministère de l’Administration territoriale, s’appuie sur des accusations d’« apologie du terrorisme ». L’annonce a été rendue publique ce mercredi.

Manifestation étudiante au Burkina Faso

Cette décision s’inscrit dans un contexte de durcissement du régime dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État en septembre 2022. Ces dernières semaines, près d’un millier d’associations ont été dissoutes ou suspendues en vertu d’une nouvelle législation sur la liberté d’association.

Interpellations et réactions de l’Ugeb

Selon l’organisation étudiante, une dizaine de ses membres, dont son président Wilfried Bazo, ont été arrêtés dans la nuit de lundi à mardi dans les locaux de l’Ugeb à Ouagadougou. Les faits se sont déroulés sous la surveillance d’hommes armés en civil. Plusieurs étudiants auraient été emmenés vers une destination inconnue. L’Ugeb dénonce des « violations graves des libertés » et exige leur « libération immédiate ».

Critiques envers le pouvoir militaire

Quelques jours avant sa suspension, l’Ugeb avait publié un communiqué dénonçant les « violations des libertés démocratiques, syndicales et politiques » commises au nom de la lutte antiterroriste. Le mouvement étudiant reproche également au régime une « incapacité manifeste à rétablir la sécurité » face aux violences jihadistes qui touchent une grande partie du pays.

Enquête judiciaire et réactions internationales

Le procureur du Faso a annoncé l’ouverture d’une enquête visant les « écrits et propos » attribués à l’Ugeb. Des observateurs soulignent que cette suspension s’inscrit dans une « série de répressions gouvernementales contre la liberté d’association et d’expression ».

Réduire les étudiants au silence ne résoudra ni la crise sécuritaire ni les défis de gouvernance que traverse le Burkina Faso, a déclaré une organisation de défense des droits humains.

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