Cameroon : pourquoi l’absence de Paul Biya alimente les spéculations
Cameroun : pourquoi l’absence prolongée de Paul Biya suscite-t-elle autant de spéculations ?

Plus de deux mois d’absence, huit mois après sa réélection pour un huitième mandat, un scénario qui interroge au Cameroun. Pourtant, les autorités assurent que cette situation, bien qu’inhabituelle, reste conforme à la légalité.
Benoit Ndong Soumeth, ministre chargé de mission à la Présidence, a tenu à rassurer : « Une population peut légitimement s’interroger sur la situation de son dirigeant. Le ministre directeur du Cabinet civil a confirmé que tout va bien. Son avis est celui qui compte pour apaiser les inquiétudes. Aucune urgence ni exception n’est à signaler », a-t-il déclaré.
L’absence de transparence pointée du doigt par l’opposition
Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint du MRC, parti d’opposition de Maurice Kamto, dénonce un manque de respect envers les Camerounais. « Pourquoi avoir organisé un scrutin sous une forme qui laisse planer des doutes, pour ensuite s’absenter pendant des semaines hors du pays ? Si le chef de l’État rencontre des difficultés de santé, le peuple doit en être informé. Il n’est pas acceptable de maintenir une telle ambiguïté autour de son état », a-t-il réagi.
Cabral Libii, troisième à la dernière présidentielle, minimise quant à lui la polémique. Pour lui, l’enjeu réside ailleurs : « Qu’il soit au Cameroun ou à l’étranger, la légalité est la même. Mais force est de constater qu’un vide juridique persiste. À l’approche des élections locales, il est temps de voter massivement pour changer de régime », a-t-il lancé.
Le député PCRN espère, lui, une alternance politique qui permettrait de réviser les dispositions encadrant les déplacements du président.