5 août 2026

Africa Solidaire

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Cameroun : remaniement militaire en l’absence de Paul Biya

Cameroun : remaniement militaire en l’absence de Paul Biya

Cameroun : remaniement militaire en l’absence de Paul Biya

Un décret signé début août a officialisé quatre nouvelles nominations au sein de l’état-major camerounais. Parmi elles, celle du général Raymond Jean Charles Beko’o Abondo à la tête de la garde présidentielle, une première dans l’histoire récente du pays.

Le Cameroun enregistre un tournant sécuritaire avec la publication d’un décret présidentiel opérant un remaniement d’envergure au sein de sa hiérarchie militaire. Ces changements surviennent alors que le président Paul Biya, âgé de 93 ans, est absent du territoire national depuis près de deux mois, alimentant les spéculations sur son état de santé et la stabilité institutionnelle.

Parmi les décisions prises, le général de division Ebaka Hypolite se voit confier le poste de major-général des armées, tout en conservant ses fonctions de major-général de l’armée de terre. À 73 ans, ce haut gradé devient ainsi le deuxième responsable des forces armées camerounaises, juste derrière le chef d’état-major, le général René Claude Meka.

Le décret du 3 août a également acté la nomination de trois autres généraux à des postes stratégiques. Le choix de placer un officier général à la tête de la garde présidentielle, un rôle traditionnellement dévolu à un officier supérieur, marque une évolution notable dans l’organisation sécuritaire du chef de l’État.

Un contexte politique sous tension

L’absence prolongée de Paul Biya, parti le 7 juin pour un « court séjour privé en Europe » selon les autorités, a relancé les débats sur sa capacité à exercer ses fonctions. Le gouvernement assure que son état de santé ne s’est pas dégradé et annonce son retour imminent au Cameroun.

Cette situation a cependant exacerbé les tensions politiques, notamment au sein de l’opposition. Les critiques fusent, dénonçant un « vide institutionnel » et un pays en « pilotage automatique ». Les demandes de clarification sur la gouvernance actuelle et les attentes concernant la nomination d’un vice-président, promises depuis plusieurs mois, se multiplient.

Des nominations stratégiques pour sécuriser le pouvoir

Ces mouvements au sommet de l’armée s’inscrivent dans une logique de verrouillage sécuritaire. En plaçant des officiers généraux de confiance à des postes clés, le pouvoir en place renforce son contrôle sur les institutions militaires, dans un contexte où la légitimité du président est régulièrement questionnée.

Les observateurs soulignent que ces décisions pourraient aussi anticiper une transition politique, alors que le Cameroun attend toujours la mise en place de réformes institutionnelles majeures.

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