Colère à Bamako face à la menace de dissolution des partis politiques au Mali
Le samedi 3 mai, la capitale malienne a été le théâtre d’un rassemblement citoyen d’envergure. Plusieurs centaines de personnes se sont rejointes à Bamako pour exprimer leur attachement aux principes démocratiques et s’opposer fermement au projet de suppression des formations politiques, une initiative attribuée au pouvoir militaire en place.
Dans l’enceinte du Palais de la culture de Bamako, les manifestants ont scandé des slogans hostiles à l’autoritarisme, réclamant haut et fort le respect des libertés publiques et l’organisation d’élections. Cette mobilisation, initiée par une coalition de partis, intervient dans une période où la contestation se fait rare au Mali, sous l’autorité du général Assimi Goïta.
Une dérive autoritaire redoutée par l’opposition
L’étincelle de cette colère remonte au 30 avril 2025, date à laquelle le cadre législatif régissant les partis a été abrogé par les autorités. Pour de nombreux observateurs, cet acte préfigure une dissolution pure et simple des organisations politiques. Ces craintes sont alimentées par les conclusions d’un dialogue national, boudé par les opposants, qui suggère de confier la présidence au général Goïta pour un mandat de cinq ans renouvelable, tout en supprimant les partis politiques.
Le multipartisme malien en péril
Malgré les garanties inscrites dans la Constitution de 1992 et celle de 2023, le pluralisme politique semble aujourd’hui menacé. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, les voix dissidentes font face à une pression croissante, marquée par des poursuites judiciaires et des restrictions de la liberté de la presse.
Sur le plan géopolitique, le Mali a pris ses distances avec la Cédéao pour fonder, aux côtés du Burkina Faso et du Niger, l’Alliance des États du Sahel (AES), consolidant ainsi un bloc de régimes militaires en Afrique de l’Ouest.