28 avril 2026

Condamnation et détention arbitraire de l’avocate Ini Benjamine Esther Doli au Burkina Faso

Condamnation et détention arbitraire d’une avocate engagée au Burkina Faso

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, partenariat entre la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), alerte sur la situation préoccupante de l’avocate et militante des droits humains, Ini Benjamine Esther Doli, au Burkina Faso.

Ini Benjamine Esther Doli

Une condamnation controversée

Le tribunal de grande instance de Ouagadougou a condamné Ini Benjamine Esther Doli, le 10 novembre 2025, à une peine d’un an de prison ferme pour outrage au chef de l’État et entreprise de démoralisation des forces armées. Ces chefs d’accusation, basés sur des propos publiés sur son compte Facebook, lui ont également valu une amende d’1 million de francs CFA.

L’avocate, qui a fait appel de cette décision, reste actuellement incarcérée au quartier féminin de la prison civile de Ouagadougou. Elle bénéficie néanmoins d’un accès à ses avocats, à sa famille et aux soins nécessaires. La charge de trahison, initialement retenue contre elle, a été abandonnée par le procureur.

Un parcours marqué par l’engagement

Ini Benjamine Esther Doli, inscrite au Tableau de l’Ordre des avocats du Burkina Faso depuis juillet 2024, a occupé des fonctions prestigieuses au sein du système judiciaire burkinabè. Elle a notamment été substitute du procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso et commissaire du gouvernement au tribunal administratif de Ouagadougou en 2019.

Sur les réseaux sociaux, elle dénonçait régulièrement les violations des droits fondamentaux, notamment les enlèvements, séquestrations et intimidations subis par les citoyens et les défenseurs des droits humains. Ses prises de position visaient également à mettre en lumière les dysfonctionnements du système judiciaire, pointant du doigt les entraves à l’indépendance de la magistrature et les lenteurs administratives.

Contexte de répression accrue

L’Observatoire rappelle que Ini Benjamine Esther Doli a été enlevée à son domicile de Ouagadougou dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2025, par des individus se présentant comme des gendarmes. Son enlèvement fait suite à une publication Facebook où elle critiquait ouvertement le système en place, comparant la situation actuelle à celle de feu Thomas Sankara.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de répression des défenseurs des droits humains et des journalistes au Burkina Faso. Plusieurs cas d’enlèvements, de disparitions forcées et de détentions arbitraires ont été recensés ces derniers mois. Parmi les victimes figurent des figures emblématiques comme Guy Hervé Kam, cofondateur du Balai citoyen, toujours détenu arbitrairement depuis janvier 2024. D’autres personnalités, comme Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé du mouvement Balai citoyen, ainsi que des journalistes tels que Boukary Ouoba, Luc Pagbeguem et Guezouma Sanogo, ont également été ciblés.

Appel à l’action pour la libération immédiate

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains exhorte les autorités militaires au pouvoir au Burkina Faso à :

  • Libérer immédiatement et sans conditions Ini Benjamine Esther Doli et l’ensemble des défenseurs des droits humains arbitrairement détenus ;
  • Garantir leur intégrité physique et psychologique ;
  • Ouvrir une enquête pour élucider les circonstances de leur enlèvement et disparition forcée ;
  • Respecter strictement les libertés fondamentales, en particulier le droit à la liberté d’expression et d’association, conformément aux normes internationales.

L’Observatoire appelle également à écrire aux autorités burkinabè pour faire pression en faveur de la libération d’Ini Benjamine Esther Doli et de tous les défenseurs des droits humains détenus arbitrairement. Voici les coordonnées des principales autorités à contacter :

Adresses des autorités à interpeller :

Il est également recommandé d’écrire aux représentations diplomatiques du Burkina Faso dans votre pays.

Pour toute action entreprise, merci d’informer l’Observatoire en mentionnant le code BFA 003 / 0925 / OBS 054.1.

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