30 mai 2026

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Conflit politique au Sénégal : diomaye faye et ousmane sonko s’affrontent en coulisses

La rupture Diomaye Faye-Ousmane Sonko enfin consommée au Sénégal

L’inévitable rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko s’est produite au Sénégal. Le chef du gouvernement limogé par le président s’est réfugié dans les murs de l’Assemblée nationale.

Ahmed Newton Barry
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Ousmane Sonko aurait dû se rendre compte dès le départ que l’Assemblée nationale sénégalaise lui offrirait un refuge idéal pour patienter jusqu’en 2029. Surtout après la victoire écrasante de son parti, le Pastef, lors des élections législatives de novembre 2024.

Sans doute Sonko a-t-il pensé que la meilleure stratégie pour s’assurer que Bassirou Diomaye Faye ne revienne pas sur sa décision et ne s’installe durablement dans le fauteuil présidentiel consistait à le surveiller de près. À exercer directement les prérogatives de l’exécutif aux côtés du chef de l’État, acceptant d’abord un rôle secondaire, à l’image d’un souverain britannique. Mais le pouvoir, comme l’avait prédit Machiavel, transforme ceux qui y participent : celui qui permet à quelqu’un de devenir roi risque de perdre sa place.

Et l’histoire lui a donné raison, malheureusement

Un système politique aussi présidentialiste que celui du Sénégal ne tolère aucun rival, en dehors du président lui-même. Un Premier ministre, même doté d’une forte influence, reste avant tout un primus inter pares, rien de plus.

Les marges de manœuvre d’Ousmane Sonko ont commencé à se réduire dans ce cadre institutionnel. Puis est venue la décision de la Cour suprême, en date du 1er juillet 2025, refusant d’annuler la condamnation qui le rend inéligible pour le scrutin de 2029. Dès lors, l’horizon politique de Sonko s’est assombri. Pire encore, il n’a pas senti que Bassirou Diomaye Faye se préoccupait de ses difficultés. L’instinct politique de Sonko, toujours en éveil, s’est alors réveillé avec force. Les voies institutionnelles se fermant progressivement, il a choisi de reprendre l’offensive par des moyens moins orthodoxes, n’hésitant pas à pousser les limites, comme en témoignent les circonstances entourant sa prise de contrôle de l’Assemblée nationale. Son bastion, désormais, repose sur la force numérique de ses partisans, sans craindre une éventuelle forfaiture, comme l’accusent ses détracteurs au sein de l’opposition sénégalaise. Seul Bassirou Diomaye Faye pourrait saisir le Conseil constitutionnel pour contester la légalité de cette occupation de l’hémicycle. Pour l’instant, il n’a rien fait.

Bassirou Diomaye Faye adopte une stratégie attentiste

Au pays de Lat Dior, roi du Cayor et figure emblématique de la résistance à la colonisation au milieu du XIXe siècle, les équations politiques ne sont jamais simples. Revenons à notre sujet : invoquer les textes constitutionnels et les lois qui en découlent ne suffit pas à éclairer les enjeux actuels. Deux acteurs, un objectif : voilà qui résume la situation sénégalaise. Bassirou Diomaye Faye, fin stratège, et Ousmane Sonko, l’ouragan Djambar, forment ce duo aux ambitions opposées. L’objectif ? La présidentielle de 2029.

Chacun dispose de moyens distincts : le président Bassirou Diomaye Faye s’appuie sur les institutions et le cadre légal, tandis qu’Ousmane Sonko mise sur la mobilisation de ses partisans, un parti structuré et une capacité à transgresser les règles qui ne l’effraie plus.

Comment chaque camp pourrait-il exploiter au mieux ses atouts ?

Ousmane Sonko, en s’installant à l’Assemblée nationale, occupe une position stratégique, même si son influence reste fragile pour plusieurs raisons : les moyens de contrôle de l’OPA, la menace d’une dissolution anticipée et, surtout, le risque de forfaiture qui pèse sur lui si le Conseil constitutionnel devait juger illégale sa réintroduction comme député.

De son côté, Bassirou Diomaye Faye semble jouer la patience. Libéré de l’encombrant Ousmane Sonko, il mise sur son nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, pour rétablir l’ordre dans la gestion économique du pays et rassurer les institutions financières internationales. Il sait qu’un affrontement viendra tôt ou tard, et il s’y prépare avec une équipe qu’il juge solide.

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