24 mai 2026

Africa Solidaire

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Côte d’Ivoire : le GIABA organise sa 45e session contre le blanchiment à Abidjan

Du 18 au 23 mai 2026, la Côte d’Ivoire accueille un événement majeur dans la lutte contre les flux financiers illicites : la 45e réunion de la Commission technique du GIABA, couplée à la 31e session de son Comité ministériel. Cette rencontre, organisée à Abidjan dans la commune de Cocody, réunit des experts, des représentants des États membres de la CEDEAO, des partenaires techniques, financiers et des observateurs internationaux.

Cette session, soutenue activement par les autorités ivoiriennes, s’inscrit comme un pilier stratégique dans la coordination des actions régionales dédiées à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) en Afrique de l’Ouest. Les débats porteront sur des enjeux cruciaux pour la sous-région, notamment les évaluations mutuelles en cours, les typologies de risques et les innovations des Cellules de Renseignement Financier (CRF).

Un examen approfondi des dispositifs nationaux

Lors de cette plénière, les participants analyseront les rapports de suivi des États membres dans le cadre du deuxième cycle d’évaluations mutuelles du GIABA. Les travaux incluront également les rapports du Groupe de Travail sur les Risques, Tendances et Méthodes (RTMG), ainsi que les avancées des Cellules de Renseignement Financier et les dispositifs d’assistance technique proposés aux pays participants.

La Côte d’Ivoire en première ligne de la lutte financière

S’exprimant au nom du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, le ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Moussa Sanogo, a réaffirmé l’engagement sans faille de la Côte d’Ivoire dans ce combat régional. Il a mis en avant la vision du Président Alassane Ouattara, soulignant une approche méthodique, déterminée et transparente pour renforcer les mécanismes nationaux de lutte contre la criminalité financière.

Le représentant du gouvernement a détaillé les réformes structurelles mises en œuvre pour aligner le cadre ivoirien sur les normes internationales du GAFI, malgré la complexité croissante des réseaux criminels transnationaux. Il a insisté sur l’importance d’une coopération renforcée entre les pays de la sous-région pour contrer les nouvelles formes de criminalité financière.

« Aucun État ne peut relever seul ce défi. Notre efficacité repose sur le partage d’informations, la confiance mutuelle et une volonté politique constante. La lutte contre le blanchiment de capitaux est aussi une lutte pour le développement, la stabilité économique et la paix. »

Moussa Sanogo a également souligné que l’assainissement des systèmes financiers est un levier essentiel pour renforcer l’attractivité économique des États ouest-africains et sécuriser les investissements, tant locaux qu’étrangers.

Les défis technologiques et la transparence des bénéficiaires

La présidente de la Commission technique du GIABA, Hafsat Abubakar Bakari, a salué les avancées réalisées par la Côte d’Ivoire en matière de gouvernance financière et d’interopérabilité des données liées à la LBC/FT. Plusieurs États membres ont progressé grâce à l’amélioration de leurs cadres législatifs et à la modernisation de leurs Cellules de Renseignement Financier.

Cependant, elle a alerté les participants sur les menaces émergentes liées aux nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle générative, les deepfakes et les identités synthétiques. Ces outils, détournés par les réseaux criminels, permettent de contourner les procédures classiques de vérification et de connaissance du client (KYC).

« Nos systèmes de détection, nos obligations de déclaration et la formation de nos enquêteurs doivent évoluer pour contrer ces nouvelles formes de criminalité. »

Elle a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer la transparence autour des bénéficiaires effectifs des entités juridiques, un objectif central du troisième cycle des évaluations mutuelles du GIABA.

Hafsat Abubakar Bakari a enfin salué les progrès accomplis par plusieurs États, comme le Burkina Faso, le Mali et le Nigeria, récemment sortis de la liste grise du GAFI. Elle a encouragé le GIABA à poursuivre son accompagnement technique auprès de la Côte d’Ivoire pour faciliter une sortie rapide de cette liste.

Des recommandations pour un avenir plus sécurisé

Cette rencontre devrait aboutir à des propositions concrètes visant à renforcer les mécanismes de prévention, de détection et de répression des flux financiers illicites au sein de la CEDEAO. Dans un contexte marqué par l’intensification des menaces sécuritaires et technologiques en Afrique de l’Ouest, ces recommandations seront déterminantes pour sécuriser l’économie régionale.

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