13 juin 2026

Africa Solidaire

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Côte d’Ivoire : une récolte d’anacardes en chute libre dans le bounkani

En Côte d’Ivoire, la récolte d’anacardes est en net recul dans le Bounkani

La campagne de commercialisation de l’anacarde bat son plein en Côte d’Ivoire. Le Conseil Coton Anacarde anticipe cette année une production d’environ 1,3 million de tonnes de noix, un volume en légère baisse par rapport aux années précédentes. Cette tendance s’explique notamment par des conditions climatiques défavorables, comme le décalage des saisons des pluies, qui impactent fortement certaines régions, dont le Bounkani, dans le nord-est du pays.

La baisse de la production d'anacardes dans le Bounkani est attribuée aux aléas climatiques et à des pratiques agricoles inadaptées.

De retour du terrain à Bouna, notre envoyé spécial a constaté les conséquences de cette situation sur les producteurs locaux. Kouamé Ouattara, propriétaire d’une plantation de 3 hectares, se retrouve sans revenus cette année. « Il y a trois ans, je récoltais jusqu’à 500 kg par hectare. Aujourd’hui, je peine à obtenir deux sacs sur l’ensemble de mes terres », confie-t-il. Selon lui, tout est lié à l’absence de pluies aux périodes clés : « Normalement, les grandes pluies surviennent entre novembre et décembre pour favoriser la floraison. Mais cette année, elles se sont arrêtées en octobre. Résultat, pas de pluie jusqu’en février, et la floraison a échoué. Sans floraison, pas de récolte. »

Les apiculteurs, qui placent leurs ruches dans les vergers d’anacardes, subissent également de plein fouet ce phénomène. Koffi Ouattara, président de l’association des apiculteurs de Koflangué, confirme : « Nous avons produit à peine 30 litres de miel cette année, contre 100 litres l’an dernier. C’est une véritable perte pour nous. »

Des pratiques culturales à revoir pour sauver la filière

Au-delà des intempéries, des mauvaises pratiques culturales aggravent la situation. C’est l’avis du Dr Sibirina Soro, enseignant-chercheur à l’université de Daloa et coordonnateur du projet national de recherche sur l’anacardier. « La densité des vergers est un problème majeur. Beaucoup de plantations ressemblent à des forêts, car les distances entre les arbres n’ont pas été respectées dès le départ. Aujourd’hui, nous recommandons aux producteurs de réorganiser leurs vergers pour atteindre une densité optimale de 100 pieds par hectare », explique-t-il.

Le Dr Sibirina Soro organise chaque année des sessions de formation pour aider les agriculteurs à lutter contre les insectes ravageurs. En Côte d’Ivoire, les producteurs évitent généralement les produits chimiques dans les champs d’anacarde. Cette approche limite les risques de pollution, mais expose davantage les cultures aux pertes en cas de mauvaise récolte.

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