Diémé dénonce la stratégie de victimisation de sonko et défend Faye
Diémé dénonce la stratégie de victimisation de Sonko et défend Faye

Dans un entretien exclusif, le ministre Yankhoba Diémé a livré son analyse des tensions persistantes entre le président Bassirou Diomaye Faye et l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Il a vivement critiqué la posture adoptée par ce dernier, qu’il qualifie de stratégie délibérée de victimisation.
Selon lui, cette approche vise à manipuler l’opinion publique en transformant les rôles de victime et de bourreau : « Quand une personne s’enferme dans un narcissisme maladif et accumule les turpitudes, elle finit par inverser la réalité en faisant passer le bourreau pour la victime ». Une analyse qui, selon Diémé, met en péril l’équilibre politique actuel.
Indemnisation des anciens détenus : Diémé disculpe le président Faye
Le ministre a également abordé la question épineuse de l’indemnisation des anciens détenus, rejetant catégoriquement les accusations pointant le président Faye comme responsable des retards dans les versements.
« Ces allégations sont infondées. Le président a donné des instructions précises lors d’un Conseil des ministres : le Premier ministre et le ministre en charge de la Famille ont été chargés de régler cette question », a-t-il affirmé avec fermeté.
Diémé a par ailleurs pointé du doigt la communication autour du don de salaire d’Ousmane Sonko. Pour lui, cette initiative, bien que louable, ne doit pas servir à masquer les responsabilités de l’État dans ce dossier complexe.
Les fonds politiques de la Primature sous le feu des projecteurs
Le ministre a révélé une information surprenante : « C’est à l’Assemblée nationale que j’ai découvert que la Primature disposait de 1,770 milliard de francs CFA de fonds politiques ». Avec de tels moyens, Diémé estime qu’il aurait été possible d’indemniser un nombre bien plus important de victimes. Il a illustré son propos par des simulations financières détaillées.
Révision constitutionnelle : une « filouterie parlementaire » dénoncée
S’agissant de la récente révision constitutionnelle, Diémé a vivement condamné ce qu’il qualifie de dénaturation des intentions présidentielles.
« Le président avait appelé au dialogue national, mais certains acteurs ont transformé cette initiative en une véritable filouterie parlementaire », a-t-il déclaré avec indignation.
Macky Sall : un ancien président dans son droit
Interrogé sur la présence de Macky Sall au Sénégal, Diémé a défendu la position du président Faye. Selon lui, la circulation libre de l’ancien chef de l’État, protégée par les forces de l’ordre, relève simplement du respect des institutions.
« Certains semblent oublier que Macky Sall n’est ni poursuivi ni accusé. Le droit sénégalais encadre strictement toute action judiciaire contre un ancien président », a-t-il rappelé.
Il a ajouté que seuls les députés peuvent engager une procédure pour haute trahison, soulignant l’importance de respecter les cadres légaux avant toute accusation.
En conclusion, Diémé a indiqué que si Macky Sall apportait les éclaircissements nécessaires sur certains dossiers, le président Faye serait tout à fait disposé à échanger avec lui, dans le strict respect des principes républicains.