13 mai 2026

Échec d’une tentative de coup d’État au Bénin contre le président Patrice Talon

Le gouvernement du Bénin a annoncé dimanche avoir neutralisé une tentative de renversement du pouvoir visant le président Patrice Talon. Le chef de l’État a rapidement pris la parole pour assurer que la situation était « totalement sous contrôle », tandis que la CEDEAO a promis l’envoi de renforts militaires pour stabiliser le pays.

Cette crise survient alors que Patrice Talon approche du terme de son second mandat à la tête de cette nation d’Afrique de l’Ouest. Bien que le Bénin affiche une santé économique solide, il reste confronté à des défis sécuritaires majeurs, notamment la menace djihadiste qui pèse sur les régions septentrionales.

Le contexte régional est particulièrement tendu, marqué par une vague de putschs au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et récemment en Guinée-Bissau. Cette instabilité politique semble désormais frapper à la porte de Cotonou.

Tôt dimanche, des détonations ont retenti à proximité de la présidence. Des mutins ont brièvement investi les locaux de la télévision nationale pour proclamer la chute du régime, justifiant leur acte par le déclin de la sécurité et des atteintes aux libertés fondamentales. Cependant, le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a infirmé ces déclarations quelques heures plus tard, confirmant l’échec de l’insurrection.

Lors d’une allocution solennelle, Patrice Talon a promis que cet acte de trahison ne resterait pas impuni. Il a également salué la loyauté de la garde républicaine qui a permis de maintenir l’ordre républicain au palais présidentiel dès son arrivée sur les lieux.

La France a fermement dénoncé cette tentative de déstabilisation et a invité ses citoyens sur place à la plus grande vigilance. À Cotonou, malgré une apparente normalité durant la journée, les rues se sont vidées prématurément sous la surveillance de barrages militaires installés près du camp Guézo.

Intervention de la CEDEAO et soutien régional

Sur le plan militaire, une douzaine de soldats auraient été appréhendés. Les autorités n’ont pas encore confirmé si le lieutenant-colonel Pascal Tigri, soupçonné d’être à la tête du mouvement, figure parmi les détenus. En soutien au gouvernement légitime, l’aviation du Nigeria a effectué des frappes ciblées à Cotonou, conformément aux protocoles de défense régionale.

La CEDEAO a ordonné le déploiement immédiat de forces issues du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Cette force d’intervention a pour mission de protéger l’ordre constitutionnel béninois. L’Union africaine (UA) a également exprimé sa condamnation catégorique de ce coup de force.

Le Bénin n’avait plus connu de telle secousse politique depuis 1972. Pour de nombreux habitants, cet événement réveille de vieux démons, alors que le climat politique est déjà alourdi par la perspective de l’élection présidentielle d’avril 2026. Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances et successeur pressenti de Patrice Talon, est au cœur des attentions, alors que l’opposition dénonce son exclusion du processus démocratique.

Si la gestion économique de Patrice Talon est souvent louée, son exercice du pouvoir est critiqué par certains pour sa dérive autoritaire, contrastant avec l’image historique du Bénin comme un modèle de dynamisme démocratique sur le continent.

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