6 juillet 2026

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EFootball au Sénégal : quand le ballon virtuel séduit des milliers de jeunes

eFootball au Sénégal : quand le ballon virtuel séduit des milliers de jeunes

Les écrans de smartphone brillent dans les rues de Dakar. Des jeunes s’entraînent sans relâche, concentrés sur un objectif : briller dans l’eFootball, ce football virtuel devenu une véritable passion au Sénégal. Plus accessible que les jeux sur console, cette discipline attire des milliers de joueurs, transformant une simple passion en rêve de professionnalisation.

Un entraîneur et des joueurs sénégalais s'entraînant à l'eFootball sur smartphone à Dakar

Avec des smartphones comme seuls outils, des joueurs comme Mohamed, 17 ans, venu de Saint-Louis, se préparent pour les qualifications de la Coupe du monde eFootball, prévue en novembre à Riyad. Sous la direction d’Ibrahima Diop, surnommé Ibzo, une équipe nationale sénégalaise s’organise pour tenter de briller sur la scène internationale.

« C’est un jeu qui permet de se faire plaisir, mais aussi de montrer qu’on est les meilleurs », confie Mohamed, alias Medzo. « Il y a une vraie compétition. On s’encourage, on veut gagner. Et surtout, il ne faut pas un téléphone dernier cri : un appareil avec 3 Go de RAM suffit largement. » Pour lui, l’eFootball n’est pas qu’un simple divertissement : c’est une voie vers une carrière professionnelle.

Des rêves de carrière et une communauté soudée

Comme Mohamed, Pape Mouhamed Saloum Sow, étudiant en droit, voit dans l’eFootball une opportunité unique. « Je rêve de passer pro. Ce jeu nous a réunis, nous sommes devenus une vraie famille », explique-t-il. Cette discipline crée des liens forts entre les joueurs, qui partagent une même passion et une même ambition.

Pourtant, les défis sont nombreux. Sur TikTok, les créateurs de contenu sénégalais peinent à monétiser leurs vidéos, contrairement à leurs homologues européens. Mais le plus grand obstacle reste la connexion internet. « Les serveurs sont un vrai problème », souligne Ibzo. « Nous n’avons qu’un seul serveur en Afrique, situé en Afrique du Sud. Résultat : les passes mettent deux minutes à s’effectuer. C’est un désavantage énorme face à nos adversaires. »

Une fédération pour structurer l’e-sport au Sénégal

Face à ces obstacles, Ibzo a pris les devants en créant son propre club. Il peut également compter sur la Fédération sénégalaise des sports électroniques (Fesseda), créée il y a deux ans. « Nous avons lancé les e-navétanes, des compétitions locales qui permettront à des milliers de jeunes de s’affronter dans tout le pays », explique son président, El Hadji Mansour Jacques Sagna. Un centre d’analyse et de performance, basé au stade Léopold-Sédar-Senghor, est également en préparation pour accompagner la professionnalisation de cette discipline.

Avec des joueurs talentueux, une communauté soudée et des structures en développement, l’eFootball sénégalais pourrait bien devenir une référence en Afrique de l’Ouest. Une chose est sûre : le ballon virtuel a définitivement trouvé sa place dans le cœur des jeunes du Sénégal.

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