14 mai 2026

Élevage local et prix du mouton pour la Tabaski en Côte d’Ivoire

Côte d’Ivoire : l’élevage local au cœur de la stratégie pour contrôler les prix du mouton de Tabaski

Avec l’approche de l’Aïd al-Adha, le gouvernement ivoirien mise sur une solution interne pour éviter une flambée des prix des moutons. Le Conseil national de lutte contre la vie chère (CNLVC) mise sur le développement de l’élevage local afin de répondre à la demande massive qui caractérise cette fête. L’objectif ? Stabiliser les coûts et limiter la dépendance aux importations des pays voisins comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger.

Renforcer la production ovine locale pour réduire la dépendance régionale

La Côte d’Ivoire importe traditionnellement une grande partie de ses moutons du Sahel, où les éleveurs sahéliens ajustent leurs flux en fonction des prix du marché. Cette situation, couplée à des coûts logistiques élevés, entraîne des hausses de prix saisonnières, notamment à Abidjan. En encourageant l’élevage local, les autorités cherchent à sécuriser l’offre et à atténuer les variations brutales des tarifs, un enjeu crucial pour les ménages ivoiriens.

Le dispositif repose sur une meilleure organisation de la filière, depuis les producteurs jusqu’aux revendeurs. Une cellule de veille surveille en temps réel les marchés et collabore avec les acteurs professionnels pour anticiper les tensions. Cependant, malgré ces efforts, la production ivoirienne de petits ruminants reste insuffisante face à une demande estimée à plusieurs centaines de milliers de têtes pour la Tabaski, ce qui limite l’impact immédiat de cette stratégie.

Pouvoir d’achat : l’Aïd al-Adha comme test pour les politiques publiques

La gestion des prix des denrées essentielles, y compris le mouton, est un dossier sensible pour le gouvernement. Les opérations ciblées du CNLVC, qui couvrent aussi bien les produits alimentaires que les biens de première nécessité, visent à contenir l’inflation et à soutenir le pouvoir d’achat des Ivoiriens. La Tabaski, avec son importance culturelle et économique, devient un indicateur clé de l’efficacité de ces mesures.

Au-delà de la régulation des prix, cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer le secteur de l’élevage. Avec une croissance démographique soutenue, la demande en protéines animales ne cesse d’augmenter. Le Programme national de développement de l’élevage, lancé il y a plusieurs années, vise à réduire les importations de viande et de produits laitiers, tout en créant des emplois dans les zones rurales.

Coopération régionale et défis logistiques pour garantir l’approvisionnement

Malgré l’accent mis sur l’élevage local, la Côte d’Ivoire ne peut ignorer le rôle des corridors d’approvisionnement sahéliens dans son approvisionnement en moutons. La fluidité de ces routes commerciales, perturbée par des tensions sécuritaires, des fermetures de frontières ou des coûts de transport élevés, reste un facteur déterminant pour la disponibilité des produits et la stabilité des prix.

Le CNLVC adopte une approche globale, combinant promotion de l’élevage national, surveillance des importations et lutte contre la spéculation. L’enjeu est de taille : éviter une hausse des prix comparable à celle des années précédentes, où un mouton moyen pouvait dépasser les 150 000 FCFA sur les marchés abidjanais.

Pour réussir, cette stratégie nécessite une montée en puissance rapide de la filière ovine ivoirienne, une coordination renforcée avec les partenaires sahéliens et une vigilance accrue sur les marges des distributeurs. À court terme, c’est la capacité des autorités à maintenir des prix stables qui sera scrutée de près par les ménages ivoiriens.

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