4 juillet 2026

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Est de la RDC : les difficultés financières de l’ONU nuisent à la commission d’enquête sur le Nord-Kivu et le Sud-Kivu

Est de la RDC : les difficultés financières de l’ONU entravent les missions de la Commission d’enquête sur les violences au Nord-Kivu et Sud-Kivu

Lors de sa première mission officielle en République démocratique du Congo (RDC), la Commission d’enquête indépendante sur la situation des droits de l’homme au Nord-Kivu et au Sud-Kivu a dressé un bilan de ses activités tout en pointant du doigt les restrictions budgétaires des Nations Unies qui limitent son action sur le terrain.

Créée en février 2025 par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU dans le cadre de la résolution S-37/1, cette commission a pour mission d’enquêter sur les violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire, notamment les violences sexuelles, les crimes contre les personnes déplacées et les potentiels crimes internationaux dans un contexte d’escalade des hostilités depuis janvier 2025.

Une mission entravée par des obstacles sécuritaires et financiers

Bien que la commission ait pu mener des consultations à Kinshasa auprès de représentants du gouvernement, de la société civile et d’organisations internationales, elle n’a pas encore pu accéder à certaines zones critiques comme Goma, en raison de l’instabilité sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC.

Arnauld Akodjenou, président de la commission, a souligné que « les contraintes financières des Nations Unies ont directement impacté notre capacité opérationnelle, limitant nos moyens d’enquête, l’interprétation, le soutien analytique et la présence sur le terrain ». Malgré ces défis, il a réaffirmé l’engagement de la commission à remplir son mandat avec indépendance et rigueur.

Il a également rappelé que tous les acteurs doivent garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave, en particulier pour les populations vulnérables comme les femmes, les enfants et les personnes âgées.

Un travail essentiel pour la justice et la protection des victimes

La commission a été chargée de documenter les faits, préserver les preuves et identifier les responsables afin de faciliter les poursuites judiciaires. Elle doit également analyser les causes profondes des cycles de violence récurrents dans la région.

« Aucune victime, aucun témoin, aucun défenseur des droits humains ou journaliste ne doit subir d’intimidations ou de représailles pour avoir collaboré avec notre commission. » — Arnauld Akodjenou, président de la Commission.

Le président a également insisté sur la nécessité de protéger la sécurité et la dignité des victimes et des témoins, soulignant que leur confiance est indispensable pour mener à bien les enquêtes.

Un mandat crucial dans un contexte de crise humanitaire

En six mois seulement, l’ONU a recensé près de 2 000 violations des droits humains et 260 cas de violences sexuelles liées au conflit, attribuant une grande partie de ces exactions au groupe armé M23. Ces chiffres illustrent l’urgence d’une réponse internationale coordonnée.

La commission a été créée dans un contexte où l’accès humanitaire reste compromis par les combats, rendant encore plus crucial le rôle des enquêtes indépendantes pour documenter les atrocités et soutenir les efforts de paix.

Par Clément Muamba

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