Est de la RDC : un an après l’accord de paix, le statu quo persiste
L’est de la République démocratique du Congo (RDC) reste plongé dans une violence chronique, un an après la signature d’un accord de paix avec le Rwanda. Les affrontements entre l’armée congolaise et les rebelles du M23 se sont intensifiés, malgré les espoirs suscités par la médiation américaine.
Un accord de paix fragile
Le 27 juin 2025, à Washington, les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame ont scellé un accord en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio. Ce texte devait mettre fin à des décennies de tensions, mais sur le terrain, la situation n’a guère évolué.
Les pourparlers de Doha, entamés en avril 2025 entre le gouvernement congolais et l’Alliance fleuve Congo (branche politique du M23), n’ont pas abouti à une désescalade durable. Le groupe armé, que l’ONU accuse d’être soutenu par le Rwanda, conserve le contrôle de vastes territoires.
Un statu quo inquiétant
Bob Kabamba, politologue à l’Université de Liège, analyse la situation : « La région fait face à un statu quo. Les gains territoriaux de la rébellion restent sous son contrôle, et on observe des échanges de tirs et des violations du cessez-le-feu, aussi bien du côté du gouvernement congolais que du M23. »
Selon le chercheur, le M23 continue de recruter des troupes, renforçant ainsi sa position dominante. « Dans cette logique, c’est la rébellion qui a actuellement la mainmise. C’est ce rapport de force sur le terrain qui permettra aux uns et aux autres d’imposer leur agenda à l’avenir », ajoute-t-il.
La RDC, ravagée par trente ans de conflits, voit ainsi ses espoirs de paix s’éloigner, tandis que la communauté internationale peine à imposer une solution durable.