Félix Tshisekedi exige l’arrêt immédiat de la militarisation des mines en RDC
Félix Tshisekedi met un terme à la militarisation illégale des sites miniers en RDC
Alors que la République démocratique du Congo (RDC) détient des réserves stratégiques de minerais critiques, le président Félix Tshisekedi a donné des instructions fermes lors du dernier Conseil des ministres pour éradiquer toute présence illégale de militaires ou de policiers sur les sites d’exploitation minière à travers le pays. Une décision cruciale pour préserver l’intégrité du secteur minier et renforcer la crédibilité internationale de la RDC.
Un secteur minier sous haute tension
Lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 10 juillet 2026 à la Cité de l’Union africaine, le Chef de l’État a souligné l’importance vitale du secteur minier pour l’économie congolaise. Il a rappelé que ce secteur doit être géré avec transparence et conformité aux standards internationaux pour attirer les investissements et garantir une exploitation responsable des ressources naturelles.
Le président Félix Tshisekedi a pointé du doigt une pratique récurrente : la présence illégale de militaires et d’éléments de la Police nationale congolaise (PNC) sur certains sites miniers. Une situation qu’il juge inacceptable, car elle nuit gravement à la gouvernance, favorise les circuits illicites et entache l’image du pays.
Les conséquences d’une militarisation illégale
« Une telle situation entretient des perceptions négatives sur la gouvernance de nos ressources naturelles, fragilise les mécanismes de contrôle et compromet les efforts déployés pour une exploitation transparente et conforme aux standards internationaux », a déclaré le président congolais.
Parmi les problèmes identifiés par le Chef de l’État :
- La privation des droits miniers des titulaires légitimes.
- Les actes d’intimidation et d’extorsion envers les opérateurs miniers et les communautés locales.
- Les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la traçabilité des minerais.
- La favorisation des réseaux de fraude, de contrebande et d’enrichissement illicite.
Des instructions claires et immédiates
Face à cette situation, Félix Tshisekedi a ordonné au vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, au vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale, au chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi qu’au commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC), de prendre sans délai toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à cette militarisation illégale.
« Dès lors, le Président de la République les a instruit de prendre sans délai toutes les mesures nécessaires pour mettre définitivement fin à toute forme de militarisation illégale des sites miniers sur l’ensemble du territoire national, avec exécution immédiate. »
Les autorités concernées doivent notamment :
- Retirer immédiatement les militaires et autres hommes en uniforme présents illégalement sur les sites miniers.
- Cesser toute ingérence des forces de défense et de sécurité dans les activités minières.
- Sécuriser les sites conformément au cadre légal en vigueur.
- Démanteler les réseaux de fraude et d’exploitation minière illégale soutenus ou protégés par des hommes en uniforme.
- Appliquer des sanctions exemplaires contre les responsables de ces agissements.
Un enjeu de transparence et de crédibilité
Le président Félix Tshisekedi a rappelé que la militarisation illégale des sites miniers porte atteinte à l’autorité de l’État, à l’image du pays et à la confiance des investisseurs nationaux et internationaux. Pour y remédier, il a également insisté sur le renforcement des mécanismes de contrôle, de certification, de traçabilité et de suivi des chaînes d’approvisionnement des minerais.
Cette décision s’inscrit dans la continuité des mesures prises par le gouvernement en 2022, lorsque les autorités avaient ordonné le retrait des militaires et des policiers des carrières d’exploitation artisanale. À l’époque, ces mesures avaient été justifiées par les nombreux désordres observés dans les zones d’exploitation artisanale, où certains agents de la Police des mines étaient accusés de fermer les yeux sur des pratiques frauduleuses.
Avec cette nouvelle directive, le gouvernement congolais réaffirme sa volonté de lutter contre les abus et de garantir une exploitation minière respectueuse des règles et des droits des opérateurs légaux.
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