17 juillet 2026

Africa Solidaire

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Fièvre de l’or au Cameroun : quand l’exploitation minière nourrit le crime organisé

L’or camerounais sous l’emprise des réseaux criminels : un scandale aux proportions alarmantes

Dans les vastes étendues de l’Est et de l’Adamaoua, au Cameroun, une ruée vers l’or a transformé des paysages entiers en zones de tension. Derrière cette fièvre minière se cache un système opaque où des milliards de francs CFA s’évaporent chaque année, alimentant des circuits illégaux jusqu’aux émirats. Les autorités camerounaises, malgré leurs déclarations, peinent à reprendre le contrôle d’une exploitation minière devenue le terrain de jeu de réseaux criminels bien organisés.

Mineurs artisanaux dans la ville de Betare Oya, au Cameroun, illustrant l

Des régions camerounaises en proie à une exploitation anarchique

Les départements de l’Est et de l’Adamaoua regorgent de sites miniers clandestins où des milliers d’individus s’adonnent à l’extraction artisanale de l’or. Entre ruelles boueuses et fosses profondes, ces zones échappent totalement au contrôle des institutions. Les mineurs, souvent sans équipement adapté, risquent leur vie quotidiennement, tandis que des intermédiaires peu scrupuleux s’enrichissent sans vergogne. L’État camerounais, malgré la présence de ressources naturelles stratégiques, peine à réguler ce secteur.

Des milliards transférés vers l’étranger via des canaux opaques

Les investigations menées sur place révèlent un schéma récurrent : l’or camerounais, extrait dans des conditions illégales, est acheminé vers des pays tiers comme les Émirats arabes unis. Les réseaux criminels, grâce à des complicités locales, parviennent à contourner les contrôles douaniers. Les sommes colossales générées par ce trafic alimentent des circuits financiers parallèles, échappant ainsi à toute imposition légitime. Les autorités camerounaises tentent de mettre un terme à ces pratiques, mais les obstacles restent nombreux.

Un système gangrené par la corruption

Au cœur du problème se trouve un maillage de complicités qui s’étend des villages reculés aux plus hautes sphères administratives. Les agents de l’État, corrompus, ferment les yeux contre rétribution. Les passeurs, les commerçants et même certains responsables locaux tirent profit de cette économie souterraine. Les tentatives de réforme se heurtent à une résistance bien organisée, déterminée à préserver ce système lucratif.

Les conséquences humanitaires et économiques

Cette exploitation anarchique a des répercussions dramatiques sur les populations locales. Les conditions de travail précaires entraînent des accidents mortels, et les communautés voisines subissent les conséquences environnementales de cette ruée vers l’or. Parallèlement, l’économie camerounaise se prive de recettes fiscales essentielles, aggravant les inégalités sociales. Les autorités camerounaises doivent agir avec fermeté pour rétablir l’ordre et la transparence.

Vers une régulation possible ?

Face à l’ampleur de la crise, des voix s’élèvent pour exiger une réforme en profondeur du secteur minier. Des propositions visent à formaliser l’activité artisanale, à renforcer les contrôles et à sanctionner sévèrement les réseaux criminels. Pourtant, la route vers une exploitation légale et durable reste semée d’embûches. La détermination des autorités camerounaises sera mise à l’épreuve dans les mois à venir.

En attendant, les Camerounais continuent de payer le prix fort de cette fièvre de l’or qui, loin d’apporter la prospérité, nourrit le crime et la misère.

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