Georges Dougueli répond à Owona Nguini : le journalisme et la spéculation sur la mort des chefs d’État
Dans une réponse cinglante, le journaliste Georges Dougueli rappelle au professeur Owona Nguini que la spéculation fait partie intégrante du métier de journaliste, surtout lorsqu’il s’agit de la santé des dirigeants.
Le débat est lancé. Après les propos tenus par le professeur Owona Nguini sur une chaîne de télévision le 26 juin, accusant le journaliste de « spéculer sur la mort du président Biya », Georges Dougueli a choisi de répliquer par une tribune. Pour lui, cette accusation est infondée et révèle une méconnaissance du travail journalistique.
« Spéculer sur la mort des chefs d’État fait partie de mon métier », affirme Dougueli. Il explique que pour les journalistes, rien n’est sacré, et que les rédactions peuvent même préparer des nécrologies de personnalités avant leur décès. Il compare les journalistes à une « meute » que tout homme politique avisé doit subir, citant François Mitterrand qui les qualifiait de « chiens ».
Dougueli s’interroge sur le public cible de cette diatribe. Il distingue deux catégories : les suprématistes « Ekangs » et la caste gouvernante.
1. S’adresse-t-il aux suprématistes « Ekangs » ?
Dougueli analyse le concept « Ekang », issu de la mythologie du Mvett, que Owona Nguini aurait détourné et vulgarisé. Selon l’anthropologue français Laburthe Tolra, les Ekangs seraient descendus des berges du Nil pour coloniser la forêt équatoriale. Owona Nguini, prenant ces thèses au premier degré, serait convaincu que cette population a vocation à gouverner des territoires comme le Gabon, la Guinée équatoriale et le Congo. Dougueli rappelle le danger de cette singularisation suprématiste, qui s’est traduite au Gabon par le rejet des non-Fangs lors de l’élection présidentielle de 2009.
2. Il s’adresse à la caste gouvernante contre la racaille
Dougueli critique la stratégie d’Owona Nguini qui consiste à désigner l’ennemi. Selon lui, l’agitateur tente de mobiliser les clercs contre les « gens d’en bas », en construisant une fable des « cerveaux » contre les « mollets ». Il accuse Owona Nguini de vouloir ériger Samuel Eto’o en « cancer » à abattre par le « meurtre » symbolique, afin de réhabiliter un clan dont l’image est écornée par la mauvaise gouvernance, la corruption et les crimes politiques.
Dougueli conclut en laissant à d’autres le soin d’analyser les propos de son détracteur, notamment les constitutionnalistes, les politologues et les psychosociologues.