23 juin 2026

Africa Solidaire

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Harmattan AI : le Maroc déploie un bouclier anti-drones nouvelle génération

  1. La technologie d’interception qui protégera le ciel marocain
  2. Comment Harmattan applique-t-elle l’IA au combat ?
  3. Une expansion d’entreprise à une vitesse fulgurante

Les conflits récents l’ont prouvé : la guerre moderne ne peut plus ignorer la menace des drones. Les systèmes de défense traditionnels montrent leurs limites, et le Maroc a choisi d’agir sans attendre.

Le royaume vient de signer un partenariat stratégique avec la start-up française Harmattan AI pour verrouiller son espace aérien. Mais au-delà d’une simple acquisition, Rabat vise une autonomie technologique complète dans ce domaine.

Le plan prévoit l’installation d’usines sur le territoire marocain, la création d’un centre de recherche militaire dédié et la formation d’ingénieurs locaux en collaboration avec les universités du pays.

La technologie d’interception qui protégera le ciel marocain

L’accord initial cible l’interception aérienne à basse altitude, soit ce que l’on appelle la défense anti-aérienne de très courte portée (VSHORAD). Harmattan AI livre deux systèmes majeurs reliés par une plateforme de contrôle tactique unique :

  • Système Gobi : Conçu pour traquer les petits drones. Ce module ultra-rapide n’a besoin d’aucun temps de préparation après la détection et peut neutraliser une cible en moins d’une minute, avec une vitesse de pointe de 350 km/h.
  • Gobi Tempest : Pour les menaces plus lourdes. Cet intercepteur autonome opère par tous les temps, emporte une charge explosive de 800 grammes et a une portée de 12 kilomètres.

Comment Harmattan applique-t-elle l’IA au combat ?

Au cœur de l’offre Harmattan se trouve un écosystème logiciel et matériel interconnecté, capable de fonctionner en autonomie même si l’ennemi brouille les communications ou le signal GPS.

Le cerveau de ce réseau est Kalahari, un système de commandement centralisé qui utilise l’intelligence artificielle pour fusionner en temps réel les données des satellites, radars et drones. Il classe automatiquement les menaces et suggère la meilleure réponse, allégeant considérablement la charge des opérateurs.

Les yeux sont assurés par Sahara, un radar à ouverture synthétique (SAR) embarqué sur des drones de reconnaissance. Son IA analyse les images localement pour détecter des changements infimes sur le terrain – véhicules cachés, tranchées, mines – et peut voir à travers les nuages, le brouillard ou les tempêtes de sable.

Enfin, le bras armé est Barkhan, une gamme de drones d’attaque de précision ou munitions rôdeuses. Leur IA embarquée permet un guidage terminal autonome : si l’ennemi utilise la guerre électronique pour couper le signal, le drone continue vers sa cible par vision par ordinateur et peut même coordonner des attaques en essaim.

Le facteur humain : Bien que l’IA coordonne l’ensemble, le système maintient un opérateur humain dans la boucle (« human-in-the-loop ») pour la décision finale de tir, afin d’éviter les dommages collatéraux.

Une expansion d’entreprise à une vitesse fulgurante

Harmattan AI, bien que jeune, connaît une croissance impressionnante. Fondée en avril 2024, elle a levé 200 millions de dollars lors d’un tour mené par Dassault Aviation, atteignant une valorisation de 1,4 milliard de dollars.

Son ancrage en Afrique du Nord est renforcé par ses origines : le cofondateur et propriétaire, Mouad M’Ghari, est un entrepreneur d’origine marocaine.

Après avoir signé des contrats majeurs avec les armées française et britannique (notamment le Ministry of Defence britannique), l’entreprise déploie désormais sa technologie au Maroc. Les Forces Armées Royales sécurisent ainsi leur ciel face à la prolifération des drones dans la région et posent les bases d’une industrie de défense nationale.

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