24 avril 2026

Kemi Seba et les suprémacistes blancs : les dessous d’une arrestation explosive en Afrique du Sud

L’arrestation de Kemi Seba en Afrique du Sud marque un tournant inattendu dans le parcours de l’activiste. Déjà sous le coup de poursuites suite à une tentative de coup d’État au Bénin en décembre 2025, le militant panafricaniste a été interpellé dans des circonstances qui jettent une lumière crue sur ses nouvelles alliances géopolitiques.

Une collaboration paradoxale avec l’extrême droite afrikaner

Le mercredi 15 avril, la police sud-africaine a procédé à l’interpellation de Kemi Seba. Ce qui stupéfie les observateurs, c’est la présence à ses côtés de François van der Merwe. Ce jeune homme de 26 ans est le leader des Bittereinders (« Ceux qui luttent jusqu’au bout »), un groupuscule radical qui prétend défendre la minorité blanche contre des discriminations supposées. Ce mouvement, placé sous la surveillance de l’Agence de sécurité d’État (SSA), compterait des centaines de sympathisants armés.

Le rôle de l’oligarque Konstantin Malofeev

Le trait d’union entre le militant noir et le suprémaciste blanc réside dans une organisation nommée la Société de l’aigle à deux têtes. Ce réseau, également connu sous le nom de Tsargrad, est dirigé par l’oligarque russe ultra-conservateur Konstantin Malofeev. Cet homme d’affaires, visé par des sanctions internationales pour son soutien aux séparatistes en Ukraine, semble orchestrer ce rapprochement improbable.

François van der Merwe s’est d’ailleurs rendu à Moscou en septembre dernier sous l’invitation de Malofeev. Depuis ce voyage, il bénéficie d’une visibilité médiatique importante dans les canaux de communication russes, où il est dépeint comme un « prisonnier politique » suite à ses récents démêlés judiciaires en Afrique du Sud.

Des soupçons de terrorisme et des charges lourdes

Pour Kemi Seba, qui a longtemps fait de la lutte contre le suprémacisme occidental son fer de lance, cette proximité avec un mouvement nostalgique des privilèges de l’Apartheid est perçue comme une alliance contre-nature. En s’affichant avec les Bittereinders, il s’associe à une mouvance qui considère la majorité noire sud-africaine comme une menace.

La situation juridique de l’activiste béninois s’annonce complexe. En Afrique du Sud, les nouveaux alliés de Kemi Seba sont qualifiés d’organisation terroriste. La justice soupçonne le militant d’avoir apporté son soutien à leurs activités sur le territoire national. Les chefs d’accusation qui pèsent sur lui pourraient donc être bien plus graves que ce que les premières informations laissaient supposer.

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