La CENCO s’oppose fermement au projet de révision constitutionnelle en RDC

L’Église catholique monte au créneau face aux velléités de troisième mandat
Le climat politique se tend en République démocratique du Congo. La coalition Article 64, engagée contre la modification de la loi fondamentale, reçoit un renfort de poids. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a exprimé un rejet catégorique du projet visant à modifier la Constitution en RDC. Cette initiative, perçue comme une manœuvre pour permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, est jugée périlleuse pour la stabilité nationale.
Un avertissement solennel pour la cohésion nationale
Pour les autorités ecclésiastiques, toute tentative de passage en force expose le pays à des menaces graves, notamment celle d’une balkanisation. Face à une situation jugée préoccupante sur le continent africain, l’appel à la mobilisation est clair : les citoyens doivent se lever pour protéger leur avenir. La CENCO exhorte le chef de l’État à respecter son engagement initial de défendre les textes en vigueur. Cette prise de position survient alors que le Parlement a déjà validé la loi permettant l’organisation d’un référendum constitutionnel, illustrant la détermination du pouvoir en place.
Un dilemme politique majeur pour Félix Tshisekedi
Le régime actuel se retrouve dans une position délicate. Si le pouvoir semblait ignorer les protestations de l’opposition, l’entrée en scène de l’Église change la donne. Historiquement, la pression religieuse a déjà prouvé son efficacité, notamment en 2017 lorsqu’elle avait freiné les ambitions de maintien au pouvoir du prédécesseur de l’actuel président. Félix Tshisekedi, qui avait alors bénéficié de ce soutien moral au nom de la solidarité africaine, se retrouve aujourd’hui face au même arbitre.
Dans un contexte marqué par les violences persistantes dans l’Est du pays et la menace sanitaire liée à Ebola, une crise politique supplémentaire pourrait être fatale. La stabilité de la région dépend en grande partie de la capacité des dirigeants à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation sur les ambitions personnelles. Le respect de l’ordre établi reste le seul rempart contre une nouvelle période d’incertitude pour le peuple congolais qui souffre déjà de multiples maux.