21 juillet 2026

Africa Solidaire

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L’afrique face aux putschistes : vers une élection démocratique inacceptable

L’Afrique peut-elle tolérer l’élection de putschistes ?

Paul-Simon Handy, directeur régional de l'Institut d'études de sécurité (ISS) pour l'Afrique de l'Est, lors du sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba.

Le 39ᵉ sommet de l’Union africaine a clos ses travaux avec une déclaration forte : mettre fin aux coups d’État et aux changements anticonstitutionnels. Mais cette volonté est-elle réaliste ? Paul-Simon Handy, chercheur camerounais et directeur régional de l’Institut d’études de sécurité pour l’Afrique de l’Est, a partagé son analyse depuis Addis-Abeba lors de l’émission Afrique Midi.

Le continent africain traverse une période marquée par des prises de pouvoir non démocratiques. Face à cette réalité, l’Union africaine a réaffirmé sa position lors du dernier sommet : « faire taire les armes » et ne plus tolérer les changements de régime par la force. Pourtant, la question persiste : ces engagements seront-ils suivis d’effets ?

Invité sur le plateau d’Afrique Midi, Paul-Simon Handy, expert reconnu en sécurité en Afrique de l’Est, a apporté un éclairage crucial sur ce sujet. Pour lui, l’élection de dirigeants ayant orchestré des coups d’État ne peut en aucun cas être considérée comme un processus démocratique acceptable.

Une position ferme mais des défis persistants

Selon le chercheur, la communauté internationale et les instances africaines doivent maintenir une ligne inflexible. L’élection de putschistes sous couvert de légitimité électorale représente une menace pour la stabilité et l’intégrité des institutions démocratiques en Afrique. Il rappelle que la charte de l’Union africaine interdit explicitement ces pratiques, mais leur application reste un défi majeur.

« Il n’est pas acceptable que des auteurs de coup d’État soient élus démocratiquement », a-t-il déclaré avec fermeté. Pour lui, cette situation sape les fondements de la gouvernance et envoie un mauvais signal aux populations, notamment les jeunes, qui aspirent à des systèmes politiques stables et transparents.

Vers une réponse unifiée de l’Afrique ?

Le sommet de l’UA a montré une volonté de renforcer les mécanismes de prévention et de sanction contre les changements anticonstitutionnels. Cependant, des obstacles subsistent, notamment en raison de divergences entre les États membres. Certains pays, confrontés à des instabilités internes, pourraient hésiter à appliquer des mesures strictes par crainte de créer des tensions supplémentaires.

Paul-Simon Handy insiste sur la nécessité d’une coopération renforcée entre les nations africaines. Il souligne que la lutte contre les coups d’État doit s’accompagner de solutions durables : renforcement des institutions, promotion de l’État de droit et investissement dans le développement socio-économique.

Un appel à l’action pour les dirigeants africains

L’expert camerounais appelle les dirigeants du continent à faire preuve de courage politique. Il rappelle que l’Afrique a les ressources et le potentiel pour surmonter ces défis, mais que cela nécessite une volonté collective. « Les promesses faites à Addis-Abeba doivent se traduire par des actes concrets », a-t-il martelé.

En conclusion, la question de la légitimité des putschistes reste au cœur des débats. Si l’Union africaine semble déterminée à agir, la mise en œuvre de ses principes dépendra de la capacité des États à transcender leurs intérêts individuels au profit d’un bien commun.

Le sommet a marqué un pas important, mais le chemin vers une Afrique libérée des coups d’État est encore long et semé d’embûches.

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