L’application mon petit prono, star inattendue de la coupe du monde
Lorsqu’on évoque la Coupe du monde, les esprits s’enflamment pour les équipes de France, d’Espagne, d’Angleterre ou encore d’Argentine. Pourtant, un autre « vainqueur » a émergé de cette compétition : une application française qui a conquis plus de trois millions d’utilisateurs. Derrière le sigle MPP se cache Mon Petit Prono, un phénomène qui a bouleversé les habitudes des amateurs de football pendant ce Mondial.
Comment cette application a-t-elle séduit autant de monde ?
Mon Petit Prono repose sur un concept simple : des ligues entre amis, collègues ou familles. Chaque participant pronostique les résultats des matchs avant leur déroulement et tente de deviner le champion du tournoi ainsi que le meilleur buteur. Un classement dynamique permet de suivre en temps réel l’évolution des performances. Accessible et intuitive, l’application a su séduire un public varié : étudiants en écoles de commerce, salariés de grandes entreprises, familles et groupes d’amis.
Des utilisateurs passionnés et engagés
Marie, fidèle utilisatrice depuis des années, raconte : « Je participe à chaque Coupe du monde depuis que je suis enfant. Avant, j’utilisais une autre application qui a disparu. » Pour elle, Mon Petit Prono est une tradition, un moyen de créer du lien. « Dans ma ligue professionnelle, ça brise la routine du travail. On discute de tout sauf du boulot, parfois deux fois par jour. »
Matia, en tête du classement de sa ligue, explique son succès par la simplicité du jeu : « On peut gagner sans rien connaître au football. Évidemment, plus on suit les matchs, mieux on peut anticiper. » Camille, elle, apprécie l’interface claire : « Même ceux qui ne s’y connaissent pas y trouvent leur place. C’est ultra-pratique. »
Une application qui s’invite dans le quotidien
Les utilisateurs consultent Mon Petit Prono plusieurs fois par jour, avant et après chaque match. Certains poussent l’engagement jusqu’à se réveiller en pleine nuit pour vérifier les résultats. Marie confie : « Pendant la canicule, je me réveillais à 4h du matin, trop stressée pour dormir. Si mon score n’était pas bon, impossible de me rendormir. »
Les limites et dérives à surveiller
Si l’application suscite de l’enthousiasme, elle n’est pas exempte de risques. Marie souligne : « Dès qu’on ajoute de l’argent, ça perd son charme. » Pour éviter les conflits, les ligues organisent des défis symboliques, comme un barbecue ou un pack de bières pour le gagnant. Cependant, les tensions peuvent survenir, notamment dans un cadre professionnel où les connaissances en football varient.
Une success story née d’une passion
Mon Petit Prono trouve ses origines en 2011 sous le nom de Mon Petit Gazon, créé par trois collègues, Martin Jaglin, Benjamin Fouquet et Grégory Rota. Leur amour du football les a poussés à racheter un site de Paris en déclin, malgré un budget limité. Le projet a connu un tournant en 2013, lorsque l’Équipe leur a demandé d’arrêter d’utiliser ses notes pour calculer les scores. Après une expansion internationale en 2016, les fondateurs ont levé un million d’euros en 2018, avec des investisseurs comme Sébastien Bazin, Martin Solveig et Jean-Étienne Amaury. En 2022, l’application a été rachetée par LFP MEDIA pour une somme estimée entre 20 et 30 millions d’euros. Depuis le 11 juin, Mon Petit Prono bat des records avec une hausse de 340 % de téléchargements en huit jours.