6 juillet 2026

Africa Solidaire

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Le Bénin révolutionne ses exportations de fruits avec une stratégie agricole ambitieuse

Une transformation radicale pour hisser le Bénin parmi les leaders agricoles africains

Le gouvernement béninois, sous la direction du Président Romuald Wadagni, engage une refonte complète de sa filière fruitière d’exportation. Deux chantiers phares symbolisent cette ambition : une usine de vitroplants de pointe à Glo-Djigbé et un quai fruitier ultra-moderne à l’aéroport de Cotonou. Ces infrastructures, combinées au Projet d’Appui à la Compétitivité des Filières Agricoles et à la Diversification des Exportations (PACOFIDE), marquent un tournant décisif pour l’agro-industrie nationale.

De l’exportation de matières brutes à l’agro-industrie compétitive

Pendant des années, le Bénin a exporté des fruits non transformés, subissant des pertes post-récolte colossales et une valeur ajoutée captée par les acteurs étrangers. Cette dynamique est en train de basculer. L’objectif actuel n’est plus seulement de produire, mais de contrôler chaque étape de la chaîne de valeur, des semences jusqu’à l’exportation. En ciblant des cultures à forte demande mondiale comme l’ananas, l’anacarde et la mangue, le pays mise sur des marchés exigeants en qualité, tout en sécurisant les revenus des producteurs locaux.

Grâce au PACOFIDE, le Bénin passe d’une agriculture de subsistance à une véritable industrie compétitive, génératrice d’emplois qualifiés et de recettes d’exportation accrues. La maîtrise technologique et logistique devient le levier principal de cette révolution.

Glo-Djigbé : le cœur battant de la révolution semencière

Au sein de la Zone Économique Spéciale (ZES) de Glo-Djigbé, une usine de production de vitroplants est en cours de finalisation. Avec une capacité de 13,5 millions de plants par an, cette infrastructure positionne le Bénin comme un acteur clé en Afrique de l’Ouest. « Aucune nation ne peut réussir sa révolution agricole sans maîtriser son industrie semencière », a rappelé Adin Yeton Bloukounon Goubalan, Ministre de l’Agriculture, lors d’une visite récente des travaux.

Les avantages pour les agriculteurs sont multiples : accès à des plants sains, résistants aux maladies et calibrés pour répondre aux normes internationales. En optimisant les rendements sans étendre les surfaces cultivées, le Bénin renforce sa compétitivité face à ses voisins régionaux. Pour valider ces innovations, un site de démonstration de 1 000 hectares sera aménagé, servant de laboratoire à ciel ouvert pour tester les performances des vitroplants avant leur diffusion massive.

Cotonou : un quai fruitier pour briser les goulots d’étranglement logistiques

Produire en qualité supérieure ne suffit pas si les fruits pourrissent avant d’atteindre leurs destinations. Le deuxième pilier de cette stratégie réside dans la construction d’un quai fruitier moderne à l’aéroport international Bernardin Gantin de Cotonou. Cette infrastructure logistique, équipée de chambres froides, de zones de stockage réfrigéré et de systèmes de gestion douanière, permet de traiter jusqu’à 736 palettes simultanément.

L’impact est immédiat : réduction drastique des pertes post-récolte, maintien de la chaîne du froid et arrivée des produits béninois (comme l’ananas pain de sucre ou les légumes frais) dans un état optimal sur les marchés européens et asiatiques. Les exportateurs peuvent désormais négocier des prix plus attractifs, renforçant ainsi la rentabilité globale de la filière.

Une vision politique saluée par les acteurs du terrain

La visite ministérielle du 3 juillet a confirmé le respect scrupuleux du calendrier des travaux. Le Ministre Bloukounon Goubalan a souligné l’importance de cette transition technologique : « Les semences sont le premier facteur de production. En les maîtrisant, nous renforçons notre souveraineté économique. Le Bénin prend enfin son destin agricole en main. »

Cette approche intégrée, alliant recherche scientifique et performance logistique, comble un vide structurel historique. Elle rassure également les investisseurs et partenaires internationaux, qui y voient un signe de fiabilité et de professionnalisme croissant du secteur agricole béninois.

Vers une économie agricole résiliente et exportatrice

En connectant la haute technologie de Glo-Djigbé à l’efficacité logistique de Cotonou, le gouvernement béninois pose les bases d’une économie agricole résiliente et tournée vers l’export. L’enjeu n’est plus seulement d’augmenter les volumes, mais de transformer structurellement le secteur : capter davantage de valeur ajoutée, sécuriser les revenus des producteurs et garantir que la richesse générée par la terre profite avant tout aux acteurs nationaux.

La révolution verte béninoise est en marche. Équipé d’outils technologiques à la hauteur des standards internationaux, le pays s’apprête à s’imposer comme une puissance agricole africaine incontournable.

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