19 juillet 2026

Africa Solidaire

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Le Cameroun en marge de l’ouverture africaine sans visa

Pourquoi le passeport camerounais reste-t-il à l’écart du mouvement d’ouverture sans visa en Afrique ?

Le Cameroun observe avec attention la vague d’exemptions de visa qui déferle sur le continent africain. Pourtant, son passeport figure toujours parmi les plus restrictifs d’Afrique. Cette situation s’explique par un ensemble de contraintes géopolitiques, économiques et sécuritaires que les autorités camerounaises jugent incontournables.

Trois raisons majeures expliquant le refus camerounais de rejoindre le mouvement « Visa Free »

Une diplomatie ancrée dans la réciprocité

La politique étrangère du Cameroun repose sur un principe immuable : l’octroi de facilités de voyage ne se fait qu’en échange de concessions équivalentes. Tant que les échanges bilatéraux n’aboutissent pas à des accords mutuels, les restrictions persistent. Cette approche vise à garantir une équité dans les relations internationales du pays.

Sécurité nationale avant tout : un contrôle migratoire strict

Face aux risques sécuritaires persistants, notamment dans les régions du Grand Nord (menacé par Boko Haram) et des zones anglophones en conflit, Yaoundé privilégie un cadre réglementaire rigoureux. Les autorités estiment que la suppression des visas pourrait compliquer la gestion des flux migratoires et fragiliser la stabilité nationale.

Une intégration régionale en Afrique Centrale encore balbutiante

Contrairement à l’Afrique de l’Est ou à l’Afrique de l’Ouest, l’espace CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale) peine à concrétiser ses ambitions en matière de libre circulation. Malgré un accord théorique d’exemption de visa, son application reste limitée. Le Cameroun, membre clé de cette zone, se conforme à ce cadre, freinant ainsi son ouverture au reste du continent.

Où en est la libéralisation des visas en Afrique ces deux dernières années ?

Un panorama des pays ayant franchi le pas révèle une tendance marquée vers l’ouverture totale ou partielle des frontières.

Les nations africaines ayant adopté une politique « Visa Free »

Plusieurs États ont engagé des réformes majeures pour faciliter les déplacements intra-africains, dans le cadre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) :

  • Le Ghana, depuis janvier 2025 : Exemption totale de visa pour tous les ressortissants africains, sans restriction.
  • Le Kenya, à partir de janvier 2024 : Passage à un système « Visa Free » assorti d’une autorisation électronique de voyage (eTA) pour les voyageurs africains.
  • Le Rwanda, le Bénin et la Gambie : Ces pays maintiennent leur politique historique d’accès sans visa pour les Africains.
  • L’Afrique du Sud, mise à jour en juillet 2026 : Pretoria a étendu son exemption de visa à 22 pays africains, dont l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Kenya, pour des séjours de 30 à 90 jours.

Un chiffre révélateur de l’évolution du « Visa Free » en Afrique

28 % : C’est la proportion actuelle de déplacements intra-africains sans obligation de visa, contre seulement 20 % en 2016. Par ailleurs, 31 pays africains proposent désormais un e-Visa, simplifiant les procédures pour les voyageurs.

Cette dynamique illustre une volonté croissante de renforcer les liens économiques et culturels entre les nations du continent. Pourtant, le Cameroun, malgré son potentiel, reste en retrait de cette tendance.

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