Le Cameroun face à l’effondrement sans Paul Biya selon Jean pierre bekolo
Le Cameroun déjà plongé dans le chaos d’un futur sans Paul Biya
Le cinéaste Jean Pierre Bekolo alerte sur l’inéluctable désintégration de l’autorité au Cameroun dès lors que l’actuel président ne sera plus en mesure d’exercer ses fonctions.
L’érosion silencieuse de l’autorité politique
Dans une tribune percutante, Jean Pierre Bekolo dresse un constat alarmant : le Cameroun est déjà entré dans une ère de contestation permanente, où les luttes d’influence et les rivalités se jouent désormais sur les réseaux sociaux et dans les médias. Les clans qui s’affrontent actuellement n’en resteront pas à des simples affrontements verbaux.
Pour l’artiste, « le futur du pays est déjà lisible, même s’il reste encore difficile à nommer ». Depuis plusieurs mois, des signes inquiétants se multiplient, révélant une autorité centrale de plus en plus fragilisée.
Une légitimité politique ébranlée
Paul Biya, malgré son âge avancé et son absence physique croissante, conservait jusqu’ici une autorité symbolique que personne autour de lui ne parvient à incarner. Chaque jour apporte son lot d’exemples illustrant cette perte de crédibilité : des responsables de haut rang, en théorie garants de la stabilité, sont de plus en plus contestés par l’opinion publique.
Les Camerounais s’interrogent avec une acuité croissante sur les mécanismes de gestion des ressources nationales. Les réseaux d’influence semblent désormais primer sur les institutions républicaines, donnant l’impression que certains cercles défient l’autorité de l’État lui-même.
Les interrogations se concentrent particulièrement sur :
- Les déclarations ministérielles remettant en cause la souveraineté des ressources naturelles
- Les décisions controversées d’institutions perçues comme des instruments de manipulation politique
- L’invisibilité des ministères face aux défis quotidiens des citoyens
- Les mandats prolongés de certains dirigeants, sans justification transparente
Tous ces éléments, pris individuellement, pourraient faire l’objet de débats. Mais réunis, ils dessinent une seule réalité : un Cameroun sans Paul Biya serait condamné au chaos.
Les conséquences d’une transition chaotique
Le cinéaste met en garde contre l’illusion que la transition politique pourrait se faire sans heurt. Sans la figure unificatrice de Paul Biya, les rivalités contenues jusqu’ici éclateront au grand jour, avec des risques d’affrontements violents, voire d’assassinats politiques.
Les institutions, déjà paralysées, ne seront plus en mesure de jouer leur rôle de régulateur. À l’intérieur même de ces structures, des dissensions internes apparaîtront, sapant toute tentative de gouvernance cohérente.
Les finances publiques, déjà fragilisées, subiront de plein fouet cette guerre de succession. Chaque décision sera contestée, chaque nomination suspectée, alimentant une spirale de défiance généralisée.
L’appel à une transition responsable
Face à ce constat, Jean Pierre Bekolo lance un appel solennel aux figures politiques camerounaises. Leur devoir historique n’est plus de conserver le pouvoir à tout prix, mais d’organiser une transition pacifique et responsable.
Cette transition devrait reposer sur :
- Un gouvernement provisoire à mandat limité
- Une refonte des institutions pour restaurer la confiance
- L’élaboration de nouvelles règles du jeu démocratique
- L’organisation d’élections transparentes et crédibles
Pour le cinéaste, « toute manœuvre secrète ou tentative de prolonger artificiellement le système actuel ne fera qu’aggraver la situation et précipiter le chaos ». Les responsables politiques devront assumer devant l’Histoire les conséquences de leurs actions.
La sagesse commande une seule voie : partir avec dignité pour éviter l’effondrement. Ceux qui ont servi le pays avec intégrité doivent avoir le courage de reconnaître que le système actuel a atteint ses limites et nécessite une refonte complète.
Le Cameroun se trouve à un carrefour historique. Les choix faits aujourd’hui détermineront son avenir pour les décennies à venir.