Le Niger prend le contrôle total de ses mines d’uranium avec la tsco sa
le Niger prend le contrôle total de ses mines d’uranium avec la tsco sa
Les autorités nigériennes ont acté la fin des activités du groupe français Orano Mining sur les sites uranifères du pays. Lors de sa dernière réunion, le Conseil des ministres, présidé par le général Abdourahamane Tiani, a adopté un décret instaurant une société nationale d’exploitation minière : la Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA). Cette décision met un terme définitif au contrat de concession historique accordé en 1978 à Orano pour les mines d’Arlit, dans la région de l’Aïr.
La nouvelle entité remplace la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR), nationalisée en 2025, et hérite des responsabilités environnementales liées à l’exploitation minière. Le choix du nom « Teloua » rend hommage à une nappe phréatique locale, en référence aux problèmes environnementaux majeurs dénoncés par Niamey. Les autorités évoquent des dégâts écologiques significatifs sur les sols, les ressources hydriques et les écosystèmes sahariens, qualifiés de « dramatiques » pour les populations locales.
Un conflit juridique en escalade avec le géant français
Le gouvernement nigérien a instauré en août 2024 une redevance superficiaire de 25 millions de francs CFA par km² et par an sur les zones non exploitées de la concession d’Arlit. Orano Mining, déjà mis en demeure en septembre 2025 pour non-paiement, a vu son contrat annulé pour non-respect de ses obligations légales. Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, accuse le groupe français de « harcèlement judiciaire » via des procédures engagées depuis la nationalisation de SOMAIR en juin 2025. Ces recours viseraient à bloquer les exportations d’uranium nigérien, aggravant les tensions entre Niamey et Paris.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large de reprise en main stratégique des ressources naturelles par le Niger, dans un contexte de reconfiguration des relations économiques avec ses partenaires traditionnels.