Le premier ministre sonko critique les retards dans la justice sénégalaise
Conseil des ministres : Ousmane Sonko étrille les lenteurs judiciaires au Sénégal
Lors d’une séance du Conseil interministériel tenue ce jeudi 21 mai 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko a vivement interpellé l’appareil judiciaire sénégalais sur son manque de réactivité face aux dossiers sensibles. Une intervention marquée par une critique acerbe des procédures en cours, jugées trop lentes pour répondre aux attentes citoyennes.
Des dossiers qui s’enlisent, une impunité qui persiste
Le chef du gouvernement a pointé du doigt l’absence de suites judiciaires concrètes dans plusieurs affaires présumées de détournement de fonds publics. Selon ses observations, des milliards de francs CFA auraient été malversés, mais les décisions de justice se font attendre, alimentant un sentiment d’impunité parmi les responsables concernés. Ousmane Sonko a souligné que cette situation affaiblit la confiance des citoyens envers les institutions étatiques.
« La reddition des comptes est au cœur de notre mandat. Pourtant, certains dossiers traînent en longueur sans que les coupables ne soient identifiés ou sanctionnés », a-t-il déclaré lors de la réunion. Il a également évoqué des dysfonctionnements structurels dans la chaîne judiciaire, évoquant même un blocage dans le traitement de certaines affaires.
La ministre de la Justice sous pression
C’est dans ce contexte que la ministre de la Justice, Yassine Fall, a présenté un bilan des procédures en cours. Face aux critiques du Premier ministre, elle a défendu l’action de son département, reconnaissant cependant les contraintes institutionnelles et opérationnelles qui ralentissent l’avancement des dossiers. Elle a réaffirmé l’engagement des services judiciaires à poursuivre les responsables dès que les preuves sont suffisantes.
Toutefois, Ousmane Sonko a maintenu la pression, exigeant une accélération des procédures et une transparence accrue dans leur suivi. « L’intérêt général doit primer. Chaque affaire judiciaire doit être traitée avec rigueur et célérité », a-t-il insisté, avant de conclure que ces retards portent atteinte à la crédibilité de l’État.
Un appel à la responsabilité collective
Au-delà des critiques envers le système judiciaire, le Premier ministre a rappelé la nécessité de situer les responsabilités à tous les niveaux : anciens comme actuels responsables administratifs et politiques. Il a insisté sur le fait que la lutte contre la corruption et la reddition des comptes ne peuvent souffrir aucun compromis, sous peine de fragiliser davantage la stabilité institutionnelle du pays.
Cette intervention intervient dans un contexte où la question de la gouvernance et de la transparence est au cœur des débats politiques au Sénégal. Les citoyens et les observateurs attendent désormais des actes concrets pour traduire ces promesses en réalisations tangibles.