Libreville plongée dans le noir à cause d’une panne informatique
Une panne informatique majeure a frappé la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) depuis le 15 juin, privant des milliers d’abonnés de la capitale de la possibilité d’acheter des unités EDAN, ces crédits essentiels pour alimenter leurs compteurs électriques. Cette défaillance survient en pleine saison chaude, où le fonctionnement des climatiseurs et ventilateurs est crucial pour le confort quotidien.
Dans un communiqué officiel, la SEEG a reconnu un « dysfonctionnement informatique » survenu dans la nuit, sans préciser de délai de rétablissement, se contentant d’une promesse de retour à la normale imminente selon des sources concordantes en fin de journée. Face à cette situation, de nombreux abonnés désespérés se sont rendus au siège central de l’entreprise, situé en plein centre-ville, espérant une solution miracle, mais les guichets sont restés fermés.
« On n’a pas d’information fiable. Tout le monde est obligé d’attendre jusqu’à ce que ça se rétablisse », déplore Eric Ovono, client résigné, reflétant l’exaspération générale face à un black-out informationnel. Jennifer Engouma, habituée à acheter ses tickets dans les petites agences, s’est heurtée à un mur. « On m’a dit que c’est un problème de connexion. Je me suis donc rendue au centre-ville, à la direction générale, et ici non plus il n’y a pas d’unités. Je suis à mon 4e jour sans courant. Et la nuit, on cohabite avec les moustiques », confie-t-elle, épuisée.
Le témoignage de Marceline est tout aussi alarmant. « C’est insupportable surtout avec la chaleur ! Mais on n’a pas le choix que d’attendre. J’ai essayé de payer par Airtel Money comme d’habitude, mais ça ne passe pas. On reçoit un message en anglais qui prouve que le système dysfonctionne. La nourriture se détériore au congélateur », s’indigne-t-elle, pointant du doigt l’ironie d’un message d’erreur rédigé dans une langue étrangère, symbole d’un système qui a perdu ses repères.
Au-delà de la simple panne technique, c’est la résilience des infrastructures numériques de la SEEG qui est une nouvelle fois questionnée. En cette ère de digitalisation forcée, où le paiement mobile et les compteurs intelligents sont devenus la norme, une simple défaillance informatique suffit à paralyser des milliers de ménages, les renvoyant à des méthodes de paiement obsolètes et à une attente passive.
Alors que la nuit tombe sur Libreville, les regards sont tournés vers les serveurs de la SEEG. L’espoir d’un rétablissement rapide est sur toutes les lèvres, mais pour beaucoup, l’amertume demeure. La promesse d’un service fiable s’est une fois de plus heurtée à la fragilité d’un système qui, à la moindre secousse, plonge la capitale dans une inquiétante obscurité.