L’ONU met en garde contre la famine dans 16 zones critiques
FILE PHOTO: Palestinians wait to receive food from a charity kitchen after the global hunger monitor, Integrated Food Security Phase Classification (IPC), said that Gaza City and surrounding areas are officially suffering from famine that will likely spread, in Gaza City, August 28, 2025. REUTERS/Mahmoud Issa/File Photo
L’ONU sonne l’alerte rouge : 16 zones critiques au bord de la famine
Un rapport conjoint de la FAO et du PAM révèle l’aggravation alarmante de l’insécurité alimentaire dans 16 régions du globe, où des millions de personnes risquent désormais de sombrer dans la famine.
Face à une hausse brutale du nombre de personnes en situation de famine ou d’urgence alimentaire, les Nations unies, via leur Agence pour l’alimentation et le Programme alimentaire mondial, tirent la sonnette d’alarme. Cette situation critique, exacerbée par des conflits armés persistants, des crises économiques profondes et des phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents, menace désormais de dégénérer en une catastrophe humanitaire de portée mondiale.
Selon un rapport officiel commun publié par ces deux institutions basées à Rome, 16 zones géographiques sont désormais classées comme « critiques », où les populations subissent un risque « imminent » de sombrer dans une famine qualifiée de « catastrophique ».
Haïti, Mali, Palestine, Soudan… les pays les plus exposés
Parmi les nations les plus touchées par cette insécurité alimentaire aiguë, on retrouve notamment :
- Haïti, où l’instabilité politique s’ajoute aux défis économiques pour aggraver la situation ;
- le Mali, sous la pression croissante des groupes djihadistes et des chocs climatiques ;
- la Palestine, notamment dans l’enclave de Gaza, où l’aide humanitaire est fortement limitée ;
- le Soudan du Sud, touché par des années de guerre civile ;
- le Soudan, où les violences et les exactions poussent les populations au bord de l’effondrement ;
- le Yémen, en proie à un conflit prolongé et à une crise humanitaire sans précédent.
Afghanistan, Birmanie, Nigeria, Syrie… des situations « très préoccupantes »
L’Afghanistan, la Birmanie, le Nigeria, la Syrie, ainsi que d’autres zones comme :
- la République démocratique du Congo ;
- la Somalie ;
- le Burkina Faso ;
- le Tchad ;
- le Kenya ;
- les réfugiés Rohingyas au Bangladesh.
sont considérés comme étant dans une situation « très préoccupante », où les populations luttent quotidiennement pour se nourrir.
Pourquoi cette famine s’aggrave-t-elle ?
Les deux organes de l’ONU dédiés à l’alimentation et à l’agriculture expliquent cette aggravation par plusieurs facteurs clés :
- Des financements humanitaires insuffisants : sur les 29 milliards de dollars nécessaires pour soutenir les populations vulnérables, seuls 10,5 milliards ont été mobilisés ;
- Une réduction drastique de l’aide alimentaire, notamment pour les réfugiés, où les distributions sont au bord de la rupture ;
- Des coupes budgétaires qui poussent le PAM à suspendre ses programmes d’alimentation scolaire dans certains pays ;
- Des menaces immédiates sur les moyens de subsistance agricoles, avec un besoin urgent de financements pour les semences et les services de santé animale.
Quels sont les risques si l’ONU n’agit pas ?
Sans intervention rapide et coordonnée, le risque de voir se propager une famine généralisée dans de nombreux pays devient une réalité « totalement évitable », selon les termes de Cindy McCain, directrice générale du PAM. Elle met en garde : « Ne pas agir maintenant ne fera qu’aggraver l’instabilité et plonger des millions de personnes supplémentaires dans le chaos. »
De son côté, Qu Dongyu, directeur général de la FAO, rappelle l’importance cruciale de la prévention de la famine : « Ce n’est pas seulement un devoir moral, mais un investissement judicieux pour la paix et la stabilité à long terme. »
Comment l’aide humanitaire est-elle menacée ?
Le financement de l’aide humanitaire se trouve dans une situation « dangereusement insuffisante », alerte le rapport. Les conséquences de ce manque de ressources sont déjà visibles :
- Une réduction de l’assistance aux réfugiés et aux personnes déplacées, en raison des coupes budgétaires ;
- Des programmes d’alerte scolaire suspendus dans certains pays ;
- Des efforts de protection des moyens de subsistance agricoles menacés, avec un besoin urgent de financements pour les semences et les services de santé animale.
« Les conflits, les chocs économiques, les phénomènes météorologiques extrêmes et l’insuffisance critique des financements exacerbent des conditions déjà désastreuses », soulignent la FAO et le PAM dans leur communiqué commun.