Lutte contre la contrebande d’or au Cameroun : le gouvernement renforce son action
Lutte contre la contrebande d’or au Cameroun : le gouvernement renforce son action
Une réunion stratégique s’est tenue hier dans la salle de conférences du Ministère du Commerce pour aborder la restructuration de la filière aurifère et l’amélioration de la traçabilité de l’or produit au Cameroun. Cette séance, présidée par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim, Pr Fuh Calistus Gentry, a réuni les plus hauts responsables des administrations douanières, fiscales et minières du pays.
Renforcement de la traçabilité et de la gouvernance aurifère
Les discussions ont porté sur plusieurs axes majeurs : la restructuration complète de la chaîne de valeur de l’or, le renforcement de la traçabilité des transactions et l’amélioration de la coordination entre les différents services publics impliqués dans ce secteur. L’objectif affiché est triple : augmenter les recettes fiscales de l’État, éradiquer les circuits informels et garantir une exploitation transparente des ressources minières.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par les autorités camerounaises pour assainir le secteur aurifère, confronté à des pratiques frauduleuses massives. Face à l’ampleur du phénomène, le gouvernement a décidé de frapper fort avec une double offensive : judiciaire pour punir les fraudeurs, et économique pour sécuriser les revenus de l’État.
Un manque à gagner fiscal estimé à 165 milliards de FCFA
Les données révélées lors de cette séance sont éloquentes. Selon les chiffres de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, une différence criante a été constatée entre les exportations officielles enregistrées par les douanes camerounaises (22 kg) et les déclarations d’arrivée aux Émirats arabes unis (plus de 15 tonnes). Ce décalage illustre l’ampleur de la contrebande qui prive le Cameroun de ressources essentielles.
Sur une période de cinq ans, ces pratiques frauduleuses ont engendré des pertes colossales estimées à plus de 2 000 milliards de FCFA, dont 165 milliards directement imputables à des manquements fiscaux. Ces chiffres soulignent l’urgence d’agir pour protéger les intérêts économiques du pays et stopper l’hémorragie financière.
La séance de travail du 14 juillet marque ainsi une étape décisive dans la stratégie gouvernementale pour reprendre le contrôle de sa filière aurifère et garantir une exploitation légale et transparente de cette ressource stratégique.