28 avril 2026

Mali et Niger accusent l’Algérie de favoriser le terrorisme au Sahel

Mali et Niger accusent l’Algérie de favoriser le terrorisme au Sahel

Les gouvernements du Mali et du Niger ont réitéré de vives accusations à l’encontre de l’Algérie, l’accusant de contribuer à l’expansion du terrorisme dans la région du Sahel. Selon eux, Alger offrirait un refuge et un soutien logistique à des groupes armés qui multiplient les attaques au sud de ses frontières.

des allégations implicites mais précises lors d’un forum régional

Lors d’un forum de sécurité en Sénégal, les responsables malien et nigérien n’ont pas directement nommé l’Algérie dans leurs déclarations. Pourtant, leurs propos ont clairement reflété les critiques répétées formulées par Bamako ces derniers mois. Ces accusations visent à dénoncer le rôle d’Alger, perçu comme une base arrière logistique et politique pour des groupes terroristes et séparatistes actifs dans le nord du Mali.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a déclaré à Reuters : « Certains pays voisins abritent des groupes terroristes, les soutiennent ou accueillent régulièrement des forces hostiles qui lancent des opérations contre nous. »

l’héritage de la guerre civile algérienne dans le terrorisme actuel

Les analystes en sécurité estiment que le terrorisme au Sahel trouve ses racines dans les répercussions de la guerre civile algérienne des années 1990. Selon eux, les réseaux militants vaincus ou contraints de quitter l’Algérie se seraient reconstitués et déplacés vers le sud, plutôt que de disparaître. Des organisations comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) sont nées du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), lui-même issu du Groupe islamique armé (GIA) ayant combattu Alger pendant la « Décennie noire ». Pendant des années, ces groupes ont été dirigés par des nationaux algériens qui ont délocalisé leurs opérations au Mali et à travers le Sahara, sous la pression militaire dans leur pays d’origine.

Les rapports évoquant une complicité entre les services de sécurité algériens et certains groupes terroristes du Sahel se multiplient.

le Mali dénonce l’appui de l’Algérie au terrorisme à l’ONU

Le Mali a maintes fois condamné publiquement, lors d’instances internationales comme l’ONU, le soutien de l’Algérie au terrorisme. Ces déclarations, formulées dans des communiqués gouvernementaux et des correspondances diplomatiques, interviennent après une nette dégradation des relations entre les deux pays l’année précédente.

Les tensions se concentrent principalement dans le nord du Mali, où des groupes terroristes et des milices touarègues défient l’État malien depuis plus d’une décennie. Bamako accuse ces groupes de bénéficier de frontières poreuses et de la tolérance d’Alger envers les militants opérant le long de sa frontière sud.

En septembre 2023, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga avait déclaré à l’Assemblée générale des Nations unies qu’Alger était passé d’un partenaire dans la lutte antiterroriste à un « exportateur de terrorisme » vers le Sahel.

un incident frontalier qui attise les tensions

Les accusations se sont intensifiées après qu’une drone militaire malien ait été abattu par les forces algériennes près de la frontière à la fin du mois de mars. Bamako a interprété cet incident comme un acte délibéré visant à protéger des leaders terroristes ciblés par les opérations maliennes.

En représailles, le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont conjointement rappelé leurs ambassadeurs stationed à Alger. Ils ont publié une déclaration commune accusant l’Algérie de soutenir le terrorisme.

le Niger s’aligne sur les positions du Mali

Le Niger a systématiquement soutenu le Mali dans ses différends avec l’Algérie. Les autorités nigériennes ont approuvé la réponse diplomatique de Bamako après l’incident du drone et ont affiché leur solidarité face à ce qu’elles qualifient de terrorisme algérien.

Le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, a précédemment accusé plusieurs gouvernements étrangers de financer des attaques contre le Niger. Niamey a également soutenu Bamako dans son bras de fer avec Alger, que les dirigeants du Sahel perçoivent de plus en plus comme un acteur déstabilisateur.

un clivage croissant en matière de sécurité régionale

Pour l’instant, ce différend met en lumière une fracture grandissante dans la politique sécuritaire de l’Afrique de l’Ouest. Les juntes militaires du Sahel estiment que le terrorisme ne pourra être éradiqué tant que des pays voisins continueront, selon elles, à adopter des comportements permissifs ou déstabilisateurs sans aucune restriction.

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