20 mai 2026

Africa Solidaire

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Mali : le jnim étend son blocus autour de Bamako et révèle l’échec de la junte

Un brasier aux portes de la capitale malienne

Siby, commune située à une trentaine de kilomètres de Bamako, n’est plus un havre de paix. Ce mardi après-midi, l’axe routier menant vers la Guinée s’est transformé en un piège mortel. Des dizaines de véhicules, dont des pick-up Hilux et des camions chargés de marchandises, ont été méthodiquement incendiés par des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Une attaque d’une ampleur inédite, révélant une vulnérabilité que les autorités tentent désespérément de minimiser : le blocus de Bamako est une réalité.

Les témoignages des rescapés et des transporteurs locaux confirment l’ampleur du désastre. Des groupes armés, arrivés à moto sans rencontrer de résistance significative, ont intercepté les convois avant d’y mettre le feu. Les colonnes de fumée noire, visibles à des kilomètres, ont semé la panique jusqu’aux portes de Bamako. Au-delà des pertes matérielles, c’est un symbole qui s’effondre : Siby, joyau culturel et touristique, n’est plus un sanctuaire intouchable.

Un encerclement méthodique de la capitale

L’attaque de Siby n’est pas un coup isolé. Elle s’inscrit dans une stratégie de blocus systématique menée par le JNIM depuis plusieurs mois. Les grands axes routiers qui approvisionnent Bamako sont désormais sous contrôle djihadiste. Que ce soit la route de Ségou, l’axe vers le Sénégal ou la voie menant vers la Guinée et la Côte d’Ivoire, circuler relève du parcours du combattant.

Le JNIM impose un véritable état de siège : check-points mobiles, rackets des chauffeurs, incendies des cargaisons… Les insurgés étouffent progressivement la capitale en coupant ses approvisionnements. Les prix des denrées de base s’envolent sur les marchés de Bamako, alimentant une colère grandissante contre un pouvoir incapable de protéger ses citoyens.

La junte et Africa Corps en difficulté face à la menace

Face à cette offensive, la narrative officielle d’une « montée en puissance » des Forces armées maliennes (FAMa) se heurte à la réalité des faits. Depuis le retrait des forces internationales, Bamako mise sur son partenariat avec les paramilitaires russes d’Africa Corps (ex-Wagner) pour assurer sa sécurité. Pourtant, les résultats sont accablants.

Les mercenaires russes, financés par le contribuable malien, échouent à anticiper ou à contrer des attaques à moins de 30 minutes de route du palais présidentiel de Koulouba. Leurs méthodes, centrées sur des opérations punitives ou la protection des sites miniers, sont inadaptées à la guerre asymétrique menée par les djihadistes. Les patrouilles FAMa-Africa Corps manquent cruellement de réactivité et de couverture territoriale, laissant les axes vitaux à la merci du JNIM. La propagande en ligne ne suffit plus à masquer l’échec opérationnel.

Bamako à l’heure des choix cruciaux

L’attaque de Siby est un signal d’alarme. Le déni n’a plus sa place dans la gestion de la crise sécuritaire. En laissant le JNIM installer un blocus autour de Bamako et frapper à ses portes, la junte et ses alliés russes exposent leurs faiblesses stratégiques. Pour les Maliens, le constat est cruel : la promesse d’une sécurité totale s’efface devant les véhicules en flammes et les routes coupées.

Si Bamako veut éviter l’asphyxie totale, une réévaluation profonde de ses choix militaires et de ses alliances s’impose. La survie de la capitale dépend désormais d’une réponse adaptée, loin des discours et des illusions de souveraineté.

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