14 juillet 2026

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Maroc : ali lmrabet, journaliste emblématique, visé par une nouvelle arrestation arbitraire

Ali Lmrabet de nouveau arrêté au Maroc : une atteinte intolérable à la liberté de la presse

Ali Lmrabet, figure incontournable du journalisme indépendant au Maroc, continue de payer le prix de son engagement pour la transparence.

Un nouveau chapitre sombre s’écrit pour Ali Lmrabet, journaliste franco-marocain dont la carrière incarne la lutte acharnée pour une presse libre au Maghreb. De retour au Maroc pour des démarches personnelles le 12 juillet, il a été interpellé à l’aéroport de Tanger, avant d’être transféré sous escorte à Casablanca où il fait désormais l’objet d’une garde à vue prolongée. Les autorités lui reprochent des « diffusions présumées de fausses informations » et des publications en ligne jugées diffamatoires envers des personnalités et des institutions nationales.

Les chefs d’accusation retenus contre lui relèvent du Code pénal marocain, notamment l’article visant la « diffusion présumée de fausses informations portant atteinte aux institutions constitutionnelles ». Une qualification juridique qui, selon les observateurs, ouvre la voie à de possibles abus dans l’application de la loi. L’enquête, pilotée par la Brigade nationale de la police judiciaire, s’appuie sur plusieurs avis de recherche émis ces dernières années à son encontre, principalement pour des contenus publiés sur des plateformes numériques.

« L’arrestation d’Ali Lmrabet représente une nouvelle illustration de la stratégie systématique employée par les autorités pour museler les voix dissidentes. Traiter un journaliste comme un criminel au motif de son travail d’investigation, c’est faire de la justice un outil de répression plutôt qu’un rempart contre l’arbitraire. La communauté internationale doit exiger sa libération immédiate et sans condition. »

Responsable d’un bureau régional de défense des droits des médias

Un parcours journalistique marqué par la répression et la résilience

Avec plus de deux décennies de combat pour la liberté de la presse, Ali Lmrabet n’est pas un inconnu des institutions marocaines. Fondateur des hebdomadaires Demain Magazine et Doumane, il a été l’un des premiers à dénoncer, avec une franchise rare, les dérives du pouvoir en place. Son engagement lui a valu une condamnation en 2003 pour « outrage au roi », écopant de quatre ans de prison ferme. Une sentence qui, bien que réduite à néant par une grâce royale un an plus tard, n’a pas suffi à museler son esprit critique.

En 2005, une nouvelle condamnation pour « diffamation » lui a valu une interdiction d’exercer son métier au Maroc. Refusant de plier face à cette censure, il a poursuivi son combat depuis l’étranger, d’abord depuis la France, puis depuis l’Espagne où il réside désormais. Son influence s’étend bien au-delà des frontières marocaines : collaborateur régulier pour des titres espagnols de renom comme El Mundo ou El País, ses enquêtes sur les questions sécuritaires et politiques sensibles au Maroc ont marqué la presse internationale.

Son engagement lui a valu d’être distingué en 2014 parmi les « 100 héros de l’information » par Reporters sans frontières, une reconnaissance qui souligne l’impact de son travail malgré les obstacles. Parallèlement, il continue de diffuser des analyses percutantes via sa chaîne YouTube, abordant des sujets souvent évités par les médias traditionnels du pays.

Malgré les tentatives répétées des autorités marocaines pour le poursuivre à l’étranger – notamment en Espagne et en France – les juridictions de ces pays ont systématiquement rejeté les demandes d’extradition ou de poursuites, confirmant l’absence de fondement juridique à ces démarches. Pourtant, depuis son retour au Maroc pour des motifs familiaux au cours des deux dernières décennies, il n’avait jamais été inquiété lors de ses séjours, comme en témoigne sa famille.

Un pays en recul constant sur la liberté de la presse

Cette nouvelle arrestation survient dans un contexte où le Maroc recule dans les classements internationaux. Selon le dernier Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de Reporters sans frontières, le pays occupe désormais la 105e place sur 180, un recul alarmant qui reflète une tendance à la restriction des libertés journalistiques dans la région.

L’affaire Ali Lmrabet soulève une fois de plus des questions sur l’utilisation de la justice comme moyen de pression contre les détracteurs du pouvoir. Son cas illustre les défis persistants auxquels sont confrontés les journalistes au Maghreb, où la liberté d’expression reste un luxe dans bien des cas.

La communauté internationale, les organisations de défense des droits humains et les citoyens soucieux de justice doivent désormais se mobiliser pour exiger sa libération et mettre fin à cette spirale répressive qui menace l’avenir même de la presse libre au Maroc.

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