20 mai 2026

Africa Solidaire

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Master ECOTEDD en Côte d’Ivoire : la formation au cœur de l’économie circulaire africaine

Lancement du Master ECOTEDD : une formation pionnière pour un développement durable en Afrique

L’INP-HB, via son CEA VALOPRO, a marqué une étape clé avec l’inauguration du Master Économie Circulaire, Transition Écologique et Développement Durable (ECOTEDD). Cet événement, organisé à Abidjan-Angré, a rassemblé acteurs locaux et internationaux pour promouvoir un nouveau modèle de croissance aligné sur les défis environnementaux du continent.

Un séminaire inaugural dédié aux enjeux africains

Le thème central, « Afrique durable, Côte d’Ivoire résiliente : RSE et économie circulaire comme leviers d’un nouveau modèle de développement », a servi de fil conducteur aux échanges. Experts, décideurs et professionnels ont analysé les pistes pour concilier performance économique et préservation des ressources naturelles en Afrique de l’Ouest.

Parmi eux, le professeur Benjamin Yao, coordonnateur du CEA VALOPRO, a souligné l’importance de ce master. « Notre ambition est de fournir un enseignement à forte valeur ajoutée, tout en facilitant l’accès à des expertises reconnues pour mieux vulgariser les enjeux environnementaux », a-t-il expliqué.

Économie circulaire et RSE : des solutions adaptées aux réalités locales

Les discussions ont porté sur des thèmes cruciaux comme la gestion des déchets, la transition énergétique ou encore l’accès aux financements climatiques. Le professeur Yao a défendu l’économie circulaire comme réponse aux spécificités africaines : « Aujourd’hui perçus comme des déchets, ces matériaux peuvent demain devenir des ressources. Prenez l’anacarde ou le cacao : leurs sous-produits ouvrent des opportunités inexploitées. »

Un consensus s’est dégagé sur la nécessité d’éviter le mimétisme des modèles occidentaux. « Les solutions doivent être simples, efficaces et ancrées dans nos contextes. C’est la seule voie pour un développement durable et inclusif », a-t-il ajouté.

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) a également été passée au crible. Si elle gagne en visibilité, son intégration reste souvent superficielle. « La RSE ne doit plus être un simple argument marketing, mais un pilier des stratégies d’entreprise. Elle conditionne désormais l’accès à certains marchés publics », ont rappelé plusieurs intervenants.

Financements climatiques : des fonds disponibles, mais des freins persistants

Les experts ont pointé un paradoxe : des ressources financières existent, mais leur mobilisation bute sur des procédures complexes. « Les fonds climatiques sont là, mais les dossiers techniques rebutent les porteurs de projets locaux. Former des compétences capables de naviguer dans ces exigences est indispensable », ont-ils insisté.

Les étudiants s’engagent pour un avenir durable

Abraham Bosson, représentant la première promotion du master, a partagé cette vision. « Nous sommes convaincus qu’une Afrique innovante peut transformer ses déchets en richesses, tout en bâtissant un modèle de développement adapté à ses défis. » Il a ajouté : « Notre génération a une mission : devenir des acteurs du changement, porteurs de projets durables pour nos pays. »

Le master ECOTEDD se distingue par son approche pratique. « L’objectif n’est pas seulement académique. Il s’agit d’impacter concrètement les entreprises, les institutions et les communautés », a-t-il précisé.

Ce programme de deux ans, sélectif et 100% en ligne, forme des spécialistes en valorisation des déchets, RSE, finance climatique et montage de projets verts. Son ambition ? Répondre aux besoins criants du continent en compétences durables.

L’INP-HB mise sur ce master pour renforcer le capital humain en Afrique, capable de relever les défis environnementaux et socio-économiques. Un appel à candidatures est prévu prochainement pour élargir l’impact de cette initiative prometteuse.

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