10 juin 2026

Africa Solidaire

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Médiation africaine en RDC : nouvelles orientations adoptées à Lomé pour le second semestre 2026

Le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine pour résoudre la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs, a présidé lundi 8 juin 2026 à Lomé une réunion d’évaluation semestrielle. Cette rencontre s’est déroulée dans un contexte de statu quo diplomatique et de poursuite des affrontements entre les forces congolaises et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.

L’événement a rassemblé les membres du Collège des facilitateurs de l’Union africaine, ainsi que des représentants des Nations unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Bilan et priorités pour la paix dans l’Est de la RDC

Les assises, tenues sur deux jours (7 et 8 juin 2026), avaient pour but d’évaluer les progrès accomplis depuis la mise en place de l’architecture de médiation adoptée à Lomé le 17 janvier 2026. Elles ont également permis de définir les priorités pour le second semestre de l’année, en appui aux processus de Washington et de Doha, menés respectivement par les États-Unis et le Qatar.

Renforcement de la coordination et contribution africaine

Selon le compte-rendu officiel, les participants ont adopté plusieurs orientations stratégiques. Il s’agit notamment du renforcement de la coordination interne entre le Bureau du Médiateur, le Panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant. L’accent a également été mis sur la structuration d’une contribution africaine aux processus complémentaires de Washington et de Doha, afin d’en accroître l’appropriation, la légitimité et la mise en œuvre. Les États et organisations engagés dans la médiation sont appelés à renforcer leur coopération dans un esprit de solidarité, tout en respectant les mandats définis.

Mesures immédiates pour une médiation efficace

La réunion a adopté des décisions concrètes pour améliorer l’efficacité du processus. Parmi celles-ci figurent l’ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour le second semestre 2026, et l’élaboration, sous quinze jours, d’un plan d’action opérationnel précisant les modalités de mise en œuvre des décisions arrêtées. Les participants se sont engagés à agir avec diligence et cohérence pour une paix durable dans l’Est de la RDC et la région des Grands Lacs.

Architecture de médiation : des acteurs clés

Cette réunion fait suite à celle de janvier 2026 à Lomé, initiée par Faure Gnassingbé. Cette précédente rencontre avait mis en place l’architecture de la médiation africaine, avec le président togolais comme médiateur principal, appuyé par une équipe togolaise et cinq co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État africains. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est chargé des questions militaires et sécuritaires ; l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde supervise les aspects humanitaires ; l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta mène le dialogue avec les groupes armés locaux ; l’ancien président botswanais Mokgweetsi Masisi s’occupe de la coopération économique régionale ; et l’ancienne présidente de transition de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, pilote les dossiers liés à la société civile, à la réconciliation et au genre. Un Secrétariat conjoint indépendant associant le Togo, l’UA, la CAE, la SADC et la CIRGL a également été créé, tandis que la Commission de l’Union africaine assure la coordination avec les partenaires internationaux.

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