15 septembre 2026

Africa Solidaire

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Niger : la SONIDEP face à un trou financier de 28 milliards de FCFA en 2026

Un déficit abyssal pour l’entreprise nationale des pétroles

La décision de geler les prix du carburant à la pompe au Niger produit des effets dévastateurs sur les comptes publics. D’après les dernières projections du Fonds monétaire international (FMI), la Société nationale des pétroles du Niger (SONIDEP) devrait accuser une perte nette de 28 milliards de FCFA sur l’exercice 2026. Une situation qui découle d’une demande intérieure galopante et de factures d’importation de plus en plus salées.

Quand la politique nigériane déstabilise le Niger

Cette crise financière trouve son origine bien au-delà des frontières nigériennes. La décision du président Bola Tinubu de supprimer les subventions sur l’essence au Nigeria a provoqué un report massif de la demande vers le Niger. Le carburant nigérien, artificiellement maintenu à un niveau bas par l’État, est devenu bien plus attractif que celui du géant voisin, ce qui a entraîné une flambée de la consommation locale et une intensification des flux transfrontaliers.

Pour répondre à cet afflux, la Société de raffinage de Zinder (SORAZ), dont les capacités de production sont limitées, n’a pas pu couvrir l’ensemble du marché national. Afin d’éviter toute pénurie, la SONIDEP a dû importer massivement du carburant acheté à prix d’or sur les marchés internationaux, avant de le revendre à perte sur le sol nigérien.

Une facture totale de 42 milliards de FCFA

Le maintien des prix à la pompe et la protection du pouvoir d’achat des ménages ont un coût : la note globale des subventions liées aux importations est estimée à 42 milliards de FCFA pour l’année 2026.

La stratégie financière adoptée pour absorber cette somme fragilise directement l’opérateur national :

  • 15 milliards de FCFA seront prélevés sur le mécanisme et le fonds de stabilisation des prix de la SONIDEP, ce qui videra ses réserves de précaution.
  • Les 28 milliards de FCFA restants se traduiront par une perte nette directe dans les comptes de l’entreprise d’État.

Le Trésor public privé de dividendes

Les conséquences de cet arbitrage ne se limitent pas au bilan de la SONIDEP ; elles touchent aussi les caisses de l’État. Alors que le gouvernement espérait percevoir 3,3 milliards de FCFA de dividendes au titre des performances de la société publique, les nouvelles projections du FMI ramènent cette recette fiscale à néant.

En choisissant de faire porter le choc pétrolier par la SONIDEP plutôt que par une hausse des prix à la pompe ou un contrôle strict des flux transfrontaliers, les autorités préservent la paix sociale à court terme. Mais ce choix soulève la question de la viabilité financière du principal distributeur national, désormais contraint de sacrifier sa rentabilité et ses fonds propres pour jouer le rôle de bouclier tarifaire.

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