13 mai 2026

Niger : le général Tiani divise le pays en 19 régions pour mieux combattre les djihadistes

Niger : le général Tiani divise le pays en 19 régions pour mieux combattre les djihadistes

Depuis son accession au pouvoir en juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani mène une lutte sans relâche contre les groupes armés qui menacent la stabilité du Niger. Pour renforcer l’efficacité de cette bataille, son gouvernement a dévoilé un ambitieux projet de redécoupage administratif. Présenté le 12 mai 2026 à Niamey devant le Conseil consultatif de la Refondation (CCR), ce plan prévoit de porter le nombre de régions de 8 à 19 et celui des départements de 63 à 82. Une initiative portée par le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, sous l’égide du général Mohamed Toumba, ministre de l’Intérieur.

Un maillage administratif renforcé pour une sécurité optimisée

Ce projet s’articule autour d’une fragmentation ciblée des régions existantes. Les entités actuelles comme Maradi, Zinder et Tahoua seraient chacune divisées en trois nouvelles régions, tandis que Tillabéri, Agadez et Diffa seraient scindées en deux. Niamey, quant à elle, serait recentrée autour de deux départements. Parallèlement, le nombre de communes serait porté à 255, dans l’objectif de rapprocher les services publics des populations et de densifier la présence de l’État, notamment dans les zones les plus exposées aux risques sécuritaires.

Dès le 21 avril 2026, le général Mohamed Toumba avait exposé les contours de cette réforme lors d’une intervention télévisée. Il y soulignait que cette restructuration administrative était un levier stratégique pour renforcer le dispositif sécuritaire. L’enjeu ? Affronter plus efficacement la menace djihadiste, en particulier dans la bande des trois frontières où l’État islamique au Sahel étend son influence, ainsi que dans le bassin du Lac Tchad, régulièrement infiltré par Boko Haram et l’ISWAP.

Des retours mitigés sur le terrain

Si l’objectif affiché séduit sur le papier, certains habitants et observateurs locaux expriment déjà des réserves. Dans l’Est du pays, la création d’une région nommée Komadougou, avec Diffa comme chef-lieu, suscite des interrogations. Les populations de Nguigmi contestent cette proposition, critiquant d’une part l’absence de reconnaissance de leur département comme région autonome, et d’autre part le choix d’un nom jugé peu représentatif de la géographie locale. Dans l’Ouest, des habitants du département de Say s’interrogent sur la pertinence de ce redécoupage, qui pourrait, selon eux, éloigner certains administrés de leur chef-lieu régional, à l’opposé de l’objectif affiché de proximité.

Le coût financier exact de cette réforme — incluant la création de nouveaux gouvernorats, les infrastructures administratives et les nominations — n’a pas été communiqué lors de la présentation. Le projet, actuellement à l’étude, devra être ajusté suite aux consultations menées avec le CCR avant une validation définitive par les autorités de transition.

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