10 juin 2026

Africa Solidaire

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Nigeria : plus de 400 femmes et enfants libérés de Boko Haram remis aux autorités

L’armée nigériane a confié ce lundi aux autorités locales plus de 400 femmes et enfants, qui avaient été enlevés plus tôt dans l’année par le groupe jihadiste Boko Haram dans l’État de Borno, dans le nord-est du pays.

Depuis 2009, l’insurrection jihadiste menée par Boko Haram puis par sa branche dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a causé des dizaines de milliers de morts et poussé des millions de personnes à se déplacer dans cette région du pays le plus peuplé d’Afrique.

Les enlèvements de masse, souvent suivis de libérations contre rançon, sont une pratique récurrente des groupes islamistes.

Dimanche, l’armée avait annoncé qu’environ 360 personnes avaient été libérées au cours du week-end, non pas par Boko Haram, mais lors d’une opération militaire menée grâce à des informations de renseignement.

Et quelque 82 autres avaient été libérées deux à trois semaines plus tôt, a précisé lundi le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, portant selon lui à environ 434 le nombre total d’ex-captifs secourus.

Les victimes avaient été enlevées dans le village de Ngoshe, situé à moins de 10 kilomètres de la frontière camerounaise, dans les collines de Gwoza, un fief de Boko Haram. Cette localité avait déjà subi des attaques répétées des combattants islamistes.

« Nous remercions Allah le tout-puissant pour ce sauvetage », a déclaré l’une des femmes libérées, Hassana Buba, 43 ans, au camp de déplacés de Pulka où les anciens captifs ont été remis aux autorités. « Nous sommes très reconnaissantes et nous célébrons aussi cela », a-t-elle ajouté.

Les autorités nigérianes démentent verser des rançons, mais des analystes affirment qu’il s’agit d’une pratique courante, tant de la part du gouvernement que des familles des victimes.

Selon un rapport du cabinet de conseil SBM Intelligence basé à Lagos, environ 1,66 million de dollars ont ainsi été versés en rançons de juillet 2024 à juin 2025 à divers groupes armés au Nigeria, incluant les jihadistes, les « bandits » et les séparatistes.

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