27 mai 2026

Africa Solidaire

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Nouvelles restrictions au Burkina Faso suscitent l’inquiétude

nouvelles restrictions au Burkina Faso suscitent l’inquiétude

Rencontre officielle entre Vladimir Poutine et Ibrahim Traoré lors d'un événement international

Au Burkina Faso, l’arrestation controversée d’un prédicateur sunnite de premier plan et la suspension d’un syndicat étudiant majeur illustrent une montée des tensions autour des libertés fondamentales. Ces événements surviennent alors que le pays traverse une période de profondes mutations politiques et sécuritaires.

L’imam Mohamed Ishaq Kindo, figure religieuse influente, a été interpellé en plein jour à Ouagadougou, la veille d’une fête religieuse majeure. Des témoins rapportent l’intervention musclée de forces de l’ordre encagoulées, provoquant des heurts et plusieurs blessés parmi les fidèles présents. Aucune justification officielle n’a été apportée, alimentant les spéculations et les craintes d’une dérive autoritaire.

Les tensions sont particulièrement vives depuis l’annonce d’un projet de loi sur la laïcité et le contrôle des pratiques religieuses. Ce texte, qui vise à réguler les lieux de culte et à limiter certaines expressions religieuses dans l’espace public, est vivement contesté par plusieurs associations musulmanes. Ces dernières dénoncent une atteinte à leurs droits et appellent au retrait pur et simple du texte.

Quelques heures seulement après son arrestation, l’imam Kindo diffusait un message audio appelant les autorités à « réfléchir aux conséquences de leurs décisions avant d’agir ». Peu après, une manifestation de soutien à Ouagadougou était dispersée à coups de gaz lacrymogènes, confirmant la détermination des autorités à museler toute opposition.

Cette situation n’est pas isolée. Depuis plusieurs semaines, plusieurs voix critiques s’élèvent et disparaissent mystérieusement. L’imam Mahmoud Barro, qui avait également remis en cause le projet de loi sur la laïcité, a lui aussi été victime d’une arrestation arbitraire fin mars.

Autre symbole de cette répression grandissante : la suspension pour trois mois de l’Union générale des étudiants burkinabè (Ugeb). Officiellement accusée d’« apologie du terrorisme », cette décision fait suite à la publication d’un communiqué dénonçant « l’incapacité des autorités à garantir la sécurité et à tenir leurs promesses ».

les organisations de défense des droits humains s’alarment

Human Rights Watch rappelle le rôle historique de l’Ugeb, fondée en 1960, comme « acteur majeur dans la défense des droits des étudiants et dans les combats pour la transparence et la justice sociale ». L’ONG s’inquiète de l’instrumentalisation croissante de la justice à des fins politiques et sécuritaires.

Un procureur de Ouagadougou a annoncé l’ouverture d’une enquête contre les auteurs du communiqué de l’Ugeb. Un ressortissant burkinabè en exil, cité par l’organisation, dénonce une justice de plus en plus soumise à l’agenda politique de la junte. HRW exige l’abandon immédiat des sanctions contre l’Ugeb et appelle à « mettre fin à la répression des voix indépendantes ».

L’organisation rappelle que « étouffer les critiques ne résoudra en rien les défis sécuritaires et de gouvernance qui minent le Burkina Faso », notamment face à la multiplication des attaques perpétrées par des groupes armés. Il y a un mois encore, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) exhortait les autorités à « respecter les libertés fondamentales ». Un appel jusqu’à présent resté sans réponse.

La société civile s’inquiète de l’atmosphère de peur qui s’installe progressivement. Les journalistes peinent désormais à recueillir des témoignages, tant la répression est devenue une réalité quotidienne. Pourtant, les contestations persistent, à la fois sur les réseaux sociaux et dans l’intimité des foyers burkinabè.

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