Ousmane Sonko lance un plan choc pour les marchés, l’agriculture et le numérique au Sénégal
Ousmane Sonko lance un plan choc pour les marchés, l’agriculture et le numérique au Sénégal
Le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé, lors du dernier Conseil des ministres, un ambitieux plan de réformes axé sur trois secteurs clés : la modernisation des marchés, la relance agricole et l’accélération de la numérisation. Avec un investissement public de 57,5 milliards de FCFA, le gouvernement compte renforcer la gouvernance et la coordination des actions publiques.
Lors de cette réunion stratégique, Ousmane Sonko a insisté sur l’urgence de transformer en profondeur les infrastructures commerciales, les méthodes agricoles et les services administratifs. L’objectif ? Offrir un cadre plus performant, sécurisé et innovant pour soutenir la croissance économique et améliorer le quotidien des citoyens.
Une refonte complète des marchés publics pour plus de sécurité et d’efficacité
Le Premier ministre a tiré la sonnette d’alarme sur l’état des marchés au Sénégal. Beaucoup de ces infrastructures, datant des années 1970, présentent des risques sécuritaires majeurs et une vétusté alarmante. Entre 2013 et 2024, 53 incendies ont touché des marchés, révélant des failles structurelles graves dans leur gestion.
Pour y remédier, le gouvernement mise sur le Programme de Modernisation et de Gestion des Marchés (PROMOGEM), dont le plan 2025-2029 prévoit la restructuration de 528 marchés existants et la construction de 67 nouveaux espaces modernes. Une réforme institutionnelle est également envisagée pour renforcer l’autonomie financière et administrative du programme.
Avec un budget de 57,5 milliards de FCFA alloué sur quatre ans, ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan d’investissement public. L’ambition est claire : créer un réseau de marchés sécurisés et fonctionnels, en collaboration avec les collectivités locales et le secteur privé national.
Relance agricole : transparence et innovation au cœur des priorités
La préparation de la campagne agricole 2026-2027 a également retenu l’attention du Premier ministre. Bien que des progrès aient été réalisés dans la production d’engrais et de semences certifiées, notamment grâce à l’ISRA et aux ICS, des défis majeurs subsistent.
Parmi les obstacles identifiés : le manque d’autonomie semencière, les difficultés d’accès au crédit pour les agriculteurs, les lacunes dans le ciblage des bénéficiaires des intrants, et les capacités de stockage insuffisantes. Pour y faire face, Ousmane Sonko a appelé à une accélération de la digitalisation du secteur, déjà testée dans des zones comme Tivaouane et Nioro.
Le chef du gouvernement a aussi plaidé pour une meilleure transparence dans les coûts des intrants et une distribution plus régulière sur tout le territoire. L’enjeu est de taille : garantir une production agricole résiliente et compétitive pour le Sénégal.
Prévention des inondations : une mobilisation interministérielle avant l’hivernage
À quelques semaines du début de la saison des pluies, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de prévenir les inondations. Il a demandé aux ministères concernés de curer les réseaux de drainage, de vérifier les ouvrages hydrauliques et de pré-positionner les moyens d’intervention.
Une série de mesures concrètes a été annoncée : actualisation des plans communaux d’urgence, renforcement des systèmes d’alerte précoce et organisation d’un exercice de simulation interministérielle avant le 15 juin 2026. L’objectif ? Anticiper les risques et protéger les populations.
Sénégal Connect Park : lever les freins pour une souveraineté numérique
Le projet Sénégal Connect Park, infrastructure stratégique pour l’économie numérique, a également été au cœur des discussions. Avec un taux d’avancement physique estimé à 95 %, le projet rencontre toutefois des difficultés financières et contractuelles qui retardent sa finalisation.
Ousmane Sonko a demandé aux services compétents de transmettre rapidement à la BAD une nouvelle date de clôture réaliste, tout en accélérant les négociations avec la BOAD. L’enjeu est crucial : assurer l’autonomie numérique du pays et stimuler l’innovation technologique.