14 juillet 2026

Africa Solidaire

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Ousmane Sonko : quand la radicalisation politique fragilise le Sénégal

Ousmane Sonko : quand la radicalisation politique fragilise le Sénégal

Le paysage politique sénégalais traverse une phase de tensions sans précédent, où les règles républicaines semblent céder face à une logique de confrontation permanente. Ousmane Sonko, figure majeure de l’opposition puis brièvement au pouvoir, a basculé d’une stratégie de résistance populaire à une posture de confrontation institutionnelle radicale.

Une interrogation s’impose désormais : jusqu’où ira ce glissement vers l’obstruction systématique ? Le slogan « Gatsa-Gatsa » (« courte queue se paie par courte queue »), né comme cri de révolte contre un régime précédent, a progressivement évolué vers une méthode de déstabilisation des fondements mêmes de l’État. Mais cette stratégie, autrefois présentée comme un outil de défense, a fini par se muer en un instrument de blocage des institutions.

L’accession de Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale, obtenue dans un contexte de forcing politique, s’accompagne d’une tentative de révision constitutionnelle pour imposer son agenda. Pourtant, le Conseil Constitutionnel a mis un terme à ce projet, rejetant l’initiative. Ce revers juridique a révélé une frustration profonde, transformant la volonté de compromis en une radicalisation accélérée des positions.

Le « Maa tay » institutionnel : une remise en cause des piliers républicains

C’est dans ce contexte que s’installe le « Maa tay » institutionnel (« Je m’en fous »), une posture où le leader du Pastef affiche publiquement son mépris des règles et des décisions judiciaires. Cette démarche ne se limite plus à une simple opposition politique : elle devient une remise en cause des institutions, avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour le pays.

Les signes de cette radicalisation sont multiples :

  • Paralysie délibérée des institutions pour bloquer toute action gouvernementale, au mépris des intérêts nationaux ;
  • Déni des décisions de justice et des arbitrages constitutionnels, au nom d’une posture politique ;
  • Instrumentalisation des institutions comme otages dans un jeu de pouvoir où les frustrations personnelles priment sur l’intérêt général.

Cette fuite en avant interroge : où s’arrêteront ces excès ? La démocratie sénégalaise a toujours reposé sur la solidité de ses institutions face aux crises. Or, substituer le mépris des procédures au dialogue démocratique ouvre la voie à un précédent dangereux.

Un danger pour les fondements de l’État

Les ambitions politiques peuvent évoluer, les hommes passer, mais les institutions doivent rester. Fragiliser les piliers de l’État pour masquer des frustrations ou des calculs personnels, c’est fragiliser le Sénégal dans son ensemble. L’opposition et le contre-pouvoir sont des droits constitutionnels essentiels ; en revanche, le blocage systématique par défi républicain mène droit à l’impasse.

Le pays doit désormais faire face à un choix crucial : réaffirmer l’autorité des institutions ou laisser s’installer une logique où la radicalisation remplace le débat démocratique.

Cheikh Issa Sall,
Président du Parti UNITE

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