10 juin 2026

Africa Solidaire

Actualités et analyses sur l'Afrique subsaharienne, avec un regard solidaire sur les enjeux du continent.

Plongée au cœur des centres ebola de msf en rdC

un bilan qui s’aggrave malgré les efforts

Depuis plusieurs semaines, l’épidémie d’Ebola frappe la République Démocratique du Congo et l’Ouganda. Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) redoublent d’efforts pour contenir le virus. À Goma et à Bunia, dans la province de l’Ituri, les centres de traitement sont en première ligne face à cette dix-septième épidémie.

La montée en puissance du dépistage fin mai a permis au ministère de la Santé de la RDC de publier des chiffres actualisés. Au 4 juin 2026, l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) recense 381 cas confirmés, 64 décès et 233 patients suspects placés en isolement. En Ouganda, la situation reste sous contrôle avec 19 cas signalés et un décès au 5 juin.

des centres de traitement en pleine expansion

Pour endiguer la propagation du virus Bundibugyo, MSF adapte sa réponse sur le terrain.

à Bunia, un centre saturé s’agrandit

Le centre de Bunia est sous pression. Le 5 juin, il accueillait 37 patients suspects et 7 cas confirmés. Face au risque de contagion, l’infrastructure doit être étendue. « Nous aménageons une nouvelle parcelle et allons doubler notre capacité pour atteindre 70 lits en quelques jours », explique Anthony Kergosien, coordinateur des urgences à Bunia. En cas de besoin, le centre pourra monter jusqu’à 100 lits.

à Goma, un centre historique remis en service

À Goma, MSF a rouvert un centre de traitement dédié. Les premières admissions ont eu lieu le 28 mai. « C’est un centre utilisé lors des épidémies précédentes. Les équipes commencent par parler avec les patients, les rassurer sur la prise en charge, la durée du séjour et les prélèvements », précise Tathy Modjaka Nzoko, responsable médical de MSF à Goma.

sécurité des soignants et confiance des communautés

protéger le personnel face au virus

Le personnel médical est équipé de protections individuelles pour faire face au virus Bundibugyo, dont la dose infectieuse est très faible. « Il suffit de quelques particules virales dans les yeux ou la bouche pour déclencher la maladie », explique Armand Sprecher, médecin urgentiste et épidémiologiste pour MSF. L’équipement doit être imperméable, car le virus se transmet par les fluides corporels. « C’est crucial car nous n’avons pas les vaccins et traitements habituels », ajoute-t-il.

gagner la confiance des communautés

Pour que les malades acceptent l’isolement, la sensibilisation est essentielle. « La confiance entre MSF et la population est primordiale. Les gens préfèrent soigner leurs proches chez eux, mais nous avons besoin qu’ils viennent immédiatement au centre. Notre équipement peut faire peur, nous expliquons pourquoi nous le portons et que beaucoup de soignants sont des personnes qu’ils connaissent », souligne Armand Sprecher.

former et transférer les compétences

MSF mise sur le partage d’expertise. Des formations sont dispensées en Belgique avant le départ sur le terrain. « Le transfert de connaissances est essentiel à chaque épidémie. Nous envoyons des personnes expérimentées qui peuvent former d’autres équipes », affirme Armand Sprecher.

comprendre le virus Bundibugyo

Cette épidémie est causée par le virus Ebola de type Bundibugyo, différent des souches Zaïre et Soudan. Son taux de létalité est compris entre 25 et 40 %, mais il n’existe aucun vaccin ni traitement approuvé pour ce virus spécifique, ce qui complique la riposte.

l’action humanitaire se poursuit

Des centaines de professionnels de MSF restent déployés en Ituri et au Nord-Kivu, tandis que de nouvelles capacités se mettent en place au Sud-Kivu. Chaque semaine, plusieurs tonnes de matériel médical et logistique arrivent en RDC depuis les centres internationaux pour soutenir l’intervention.

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