Premier congrès du Pastef : Ousmane Sonko redéfinit l’avenir politique
Le Pastef-Les Patriotes, formation majoritaire à l’Assemblée nationale, a organisé son tout premier congrès national depuis sa création en 2014, les 6 et 7 juin à Dakar. Cette rencontre a permis au parti de se donner un nouvel élan dans un paysage politique en pleine recomposition, sous la houlette de son président Ousmane Sonko.
À Dakar Arena, Ousmane Sonko a pris la parole devant des milliers de militants pour dévoiler une feuille de route en trois axes : renforcer l’identité idéologique du parti, interpeller directement l’exécutif et sécuriser le calendrier électoral. Il a d’abord tiré les leçons de ce qu’il nomme « la première phase de la clarification », amorcée depuis le grand rassemblement du 8 novembre 2025. « Sur le plan politique, le Pastef est resté lui-même et sort de cette clarification plus fort », a-t-il déclaré. Tout en reconnaissant que cette période a apporté « des surprises et des déceptions », il assure n’en avoir ressenti aucune à titre personnel. Il a ensuite revendiqué pour son mouvement la paternité des combats essentiels : lutte contre la corruption, réforme de la justice, renégociation des contrats et surtout, maintien de la majorité parlementaire.
Dans son discours, Ousmane Sonko a lancé des critiques appuyées contre le chef de l’État. « Ce pays a assez souffert des complots et des combines », a-t-il martelé, appelant chaque institution à rester dans son rôle constitutionnel sans céder aux ambitions personnelles. Il a été explicite : « Même si le président veut satisfaire des ambitions politiques, il ne faut pas accepter qu’il fragilise les institutions. »
Face aux discours évoquant une crise institutionnelle, il a opposé une lecture claire des urnes : « Il n’y a pas de crise institutionnelle au Sénégal. C’est le peuple qui a choisi de confier la présidence à quelqu’un et l’Assemblée nationale à un autre. »
Le verrou parlementaire sur les élections locales
Ousmane Sonko a fermement exclu tout report des élections locales, en s’appuyant à la fois sur un argument politique et procédural. « Pastef ne sera jamais d’accord pour un report des élections locales », a-t-il tranché. Il a rappelé les contraintes constitutionnelles : « Pour le faire, il faut passer par l’Assemblée et voter une loi d’habilitation. »
À l’issue du meeting d’investiture du président du Pastef, la ligne semblait clairement tracée pour une nouvelle recomposition de la scène politique et une réorientation de la gouvernance.