16 août 2026

Africa Solidaire

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Rançon d’al-qaïda au Sahel : comment 50 millions de dollars ont boosté le terrorisme au Mali

Une rançon colossale qui a dopé les groupes jihadistes au Sahel

Fin 2025, une rançon de près de 50 millions de dollars a été versée pour libérer des otages détenus par des militants affiliés à Al-Qaïda au Mali. Selon un rapport confidentiel de l’ONU rendu public en août 2026, ces fonds ont grandement contribué à renforcer les capacités opérationnelles du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), principal groupe terroriste actif dans la région.

Des fonds redistribués entre les katibas du Sahel

Le document onusien révèle que l’essentiel de cette rançon a été réparti entre les différentes factions armées du JNIM, basées au Sahel. Ces ressources financières ont joué un rôle décisif dans le financement des offensives menées par le groupe, notamment au Mali, où il concentre la moitié de ses 7 000 à 8 000 combattants. Une partie des fonds a également transité par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) avant de rejoindre la direction centrale de l’organisation et sa branche yéménite, renforçant ainsi le réseau terroriste à l’échelle internationale.

Les Émirats arabes unis suspectés d’avoir payé la rançon

Bien que le rapport de l’ONU ne mentionne ni l’identité des otages ni celle des payeurs, plusieurs sources régionales ont identifié les Émirats arabes unis comme étant à l’origine de ce versement. Trois individus — un citoyen émirati, un Pakistanais et un Iranien — auraient ainsi été libérés en échange de cette somme colossale. Interrogé sur ce cas précis, un responsable émirati a confirmé que son pays maintient une politique ferme de lutte contre le financement du terrorisme, sans pour autant commenter cette transaction spécifique.

Le JNIM, une menace grandissante pour la stabilité du Mali

Depuis plusieurs mois, le JNIM multiplie les attaques d’envergure. En avril dernier, ses combattants ont réussi à frapper Bamako, la capitale malienne, et à éliminer le ministre de la Défense du pays. En juin, le groupe a même mis sa tête à prix en offrant plusieurs millions d’euros pour toute information menant à l’arrestation du président malien. Ces actions illustrent une stratégie délibérée : saper la confiance des populations dans la capacité de l’État à assurer leur sécurité.

Les enlèvements, une source de revenus pour les groupes armés

Selon des experts en sécurité, les rançons pour des étrangers capturés dans la région s’élèvent généralement entre 4 et 6 millions de dollars. Pour l’ONU, le JNIM a fait des enlèvements une véritable manne financière. Cette pratique lui permet non seulement de financer ses activités, mais aussi de semer la terreur en exploitant la vulnérabilité des populations et des autorités locales.

Face à cette situation, la lutte contre le financement du terrorisme reste plus que jamais un enjeu crucial pour la stabilité du Sahel et de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

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