13 juillet 2026

Africa Solidaire

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RDC : la Russie accuse kyiv de soutenir le m23 dans l’est du pays

Les tensions persistent dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où la rébellion de l’AFC/M23 étend son emprise sur les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Si les Nations unies et Kinshasa pointent du doigt le soutien militaire du Rwanda à ce groupe armé, une nouvelle accusation vient d’ébranler le paysage géopolitique régional : l’Ukraine serait désormais impliquée.

Cette révélation explosive émane de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, qui l’a dévoilée lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue burundais, Édouard Bizimana, à Bujumbura, le 10 juillet 2026.

Moscou dénonce une ingérence étrangère en RDC

Selon le chef de la diplomatie russe, la RDC, soutenue par le Burundi, fait face à une agression menée par le M23, laquelle serait alimentée par des soutiens étrangers, dont certains proviendraient d’Ukraine.

Lors de cette rencontre, Sergueï Lavrov a vivement critiqué ce qu’il qualifie d’« ingérences flagrantes dans les affaires africaines », soulignant que :

« Nous constatons de telles tentatives d’ingérence flagrante en République démocratique du Congo. Les autorités légitimes de ce pays, avec le soutien du Burundi, cherchent aujourd’hui à faire face à l’agressions menée par le M23, soutenu par des représentants étrangers, parmi lesquels figurent également des Ukrainiens. Nous en sommes conscients. Nos amis burundais en sont également conscients. »

Le ministre russe a ajouté que l’objectif de Kiev serait de soutenir des forces opposées aux gouvernements légitimes en Afrique, afin d’affaiblir les pays alliés de Moscou et d’accroître son influence sur le continent.

« Les Ukrainiens participent à un trop grand nombre de conflits en Afrique. Ils cherchent à soutenir les forces opposées aux gouvernements légitimes, dans le seul but de s’imposer comme un acteur incontournable sur le continent africain et de créer des difficultés aux pays amis de la Russie. »

Drones et mercenaires : les nouvelles armes du conflit

La recrudescence de l’utilisation de drones armés dans l’Est de la RDC a également suscité l’inquiétude de la communauté internationale. Anna Evstigneeva, chargée d’affaires de la Fédération de Russie auprès des Nations unies, a alerté sur les conséquences humanitaires de cette pratique lors d’une séance du Conseil de sécurité.

Elle a notamment évoqué la frappe de drone survenue à Goma le 11 mars 2026, qui a coûté la vie à un membre du personnel de l’UNICEF. Par ailleurs, Moscou s’est dit préoccupé par la présence de mercenaires étrangers, dont certains auraient acquis une expérience militaire en Ukraine avant d’être recrutés comme instructeurs ou opérateurs de drones dans le conflit congolais.

« Nous sommes également préoccupés par les informations faisant état du recours à des mercenaires étrangers, dont certains possèdent une expérience acquise sur le théâtre des opérations en Ukraine et seraient employés comme instructeurs ou opérateurs de drones. »

Un processus de paix au point mort

Malgré la signature de l’Accord de Washington et les différentes initiatives diplomatiques, la situation sécuritaire et humanitaire continue de se dégrader dans l’Est de la RDC. Les divergences entre Kinshasa et Kigali sur l’interprétation de cet accord compliquent davantage son application.

Le processus de Doha, médiatisé par le Qatar, rencontre lui aussi des obstacles. Les négociations entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23 n’ont pas permis de rapprocher les positions des deux parties. La réunion de Montreux, en Suisse, n’a pas abouti aux avancées escomptées, laissant le conflit dans une impasse.

Les appels au respect des engagements pris dans le cadre des différents processus de paix se multiplient, mais les progrès diplomatiques peinent à se concrétiser. Chaque partie continue de défendre sa propre lecture des accords, ce qui entretient les blocages et retarde leur mise en œuvre.

Dans ce contexte, les tensions entre les acteurs régionaux et internationaux risquent de s’aggraver, tandis que les populations civiles paient le prix fort de cette instabilité persistante.

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