Sénégal : Ousmane Sonko dénonce un président sous influence
Ousmane Sonko critique ouvertement le président Diomaye Faye à Touba
Lors de l’inauguration du siège du parti Pastef à Touba, à près de 200 kilomètres de Dakar, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, n’a pas mâché ses mots. Le leader politique a vivement critiqué Diomaye Faye, l’actuel chef de l’État, qu’il qualifie désormais de « marionnette » et de figure « facilement manipulable ». Une prise de position qui survient alors que les tensions politiques s’intensifient au Sénégal.
Des accusations graves contre le président Faye
Ousmane Sonko a tenu des propos particulièrement durs à l’encontre du président Diomaye Faye, qu’il a décrit comme un dirigeant « frileux » et sous l’influence de multiples acteurs politiques. Selon ses déclarations, le chef de l’État se laisserait « facilement manipuler » par des figures opportunistes, y compris au sein de l’opposition. « Que Dieu nous préserve d’un président aussi faible », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « C’est une véritable catastrophe pour le pays. »
Il a également accusé Diomaye Faye d’avoir œuvré dans l’ombre pour consolider son propre parti au sein de la majorité présidentielle, dès son passage en tant que secrétaire général et coordonnateur des cadres. « Avec le recul, je réalise qu’il préparait son avenir politique dès cette époque », a-t-il révélé. Selon Sonko, le président aurait cru pouvoir s’imposer comme le seul maître à bord après avoir quitté ses fonctions, mais son calcul aurait échoué : « Il pensait récupérer la majorité des cadres à son départ, mais personne ne l’a suivi. »
Une relation politique qui se dégrade
Ces déclarations marquent une nouvelle étape dans l’escalade des tensions entre Ousmane Sonko et le président Diomaye Faye. Pourtant, il y a encore quelques mois, Sonko soutenait activement la candidature de Faye lors de l’élection présidentielle de 2024. Aujourd’hui, il exprime un profond désenchantement, évoquant une « manipulation » de la part du chef de l’État et de ses alliés.
Les critiques de Sonko surviennent dans un contexte où le Sénégal traverse une période de forte polarisation politique. Les accusations de manipulation et de manque de leadership pourraient aggraver les divisions au sein de la majorité et de l’opposition, alors que le pays cherche à stabiliser son paysage institutionnel.