2 juillet 2026

Africa Solidaire

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Sonara : 700 milliards FCFA pour une reconstruction fantôme ?

Sept ans après l’incendie qui a dévasté la Sonara, le directeur général monte au créneau pour annoncer solennellement la renaissance de la société ce lundi 29 juin 2026. On aurait pu espérer au moins un protocole d’accord avec un partenaire financier, mais il n’en est rien. Il s’agit d’une simple déclaration faite à l’issue d’une réunion organisée par quatre ministres pour évaluer le coût de la reconstruction et son mode de financement, avant même de chercher des partenaires sur le marché.

Voici l’analyse :

Le modèle de financement retenu est le DBFM (Design-Build-Finance-Maintain), qui couvre la conception, la réalisation, le financement et la maintenance des infrastructures. Si, sept ans après le sinistre, on en est encore à ce stade, combien de temps faudra-t-il pour trouver un partenaire qui, selon les pratiques locales, signera un accord avant de solliciter les banques pour obtenir les fonds ? C’est ce qui se passe déjà avec les partenaires miniers, contrairement à ce qui se fait ailleurs.

L’ombre de la SNH et de Nathalie Moudiki

Cette communication tombe quelques jours après que le patronat camerounais, par la voix de son président Célestin Tawamba, a félicité la SNH pour la nouvelle raffinerie de Kribi, un projet mené avec brio par Nathalie Moudiki. Le président du Gecam s’exprimait dans un média international.

Les enjeux des nominations sont donc au vert

En réalité, ce qui s’est passé hier n’est qu’une communication destinée à bluffer le président de la République, au moment où ce dernier, en Suisse, réévalue l’action de ceux qu’il a nommés pour l’accompagner et servir le peuple. Dans son annonce, la Sonara évoque une unité d’hydrocraqueur qui raffinerait le pétrole camerounais, un projet pourtant déjà en cours avant l’incendie et qui est déjà pris en compte dans la raffinerie de Kribi.

Le sabotage de la raffinerie de Kribi

Quand vous voyez des lanceurs d’alerte s’attaquer à des personnalités impliquées dans des projets, il faut réfléchir. Depuis hier, Boris Bertolt multiplie les publications incendiaires contre le projet de raffinerie de la SNH, avec des affirmations sans fondement visant à ternir l’image de Nathalie Moudiki. Pourquoi saboter le projet de Kribi le jour même où la Sonara fait sa réapparition ? Pourtant, à la SNH, on salue l’action de cette entreprise historique.

En 2020, une forte délégation du géant russe Lukoil avait été reçue à Yaoundé pour proposer un plan de reconstruction et d’équipements plus modernes. Le gouvernement n’a donné aucune suite favorable. Les tenants du régime, favorables aux importations via les traders, invoquent des raisons de souveraineté pour justifier le rejet des partenaires potentiels. Pourtant, la plus grande raffinerie d’Afrique, située dans le deuxième plus gros producteur africain de pétrole, est privée. La raffinerie de Dangote n’appartient pas à l’État du Nigeria, mais elle raffine plus de 60 % du pétrole des puits du pays.

Pourquoi le modèle de la SNH (Gaz) n’est-il pas appliqué à la Sonara (Pétrole) ? La grande raffinerie de Lobito en Angola est construite par la Chine, celle de Copperbelt en Zambie par la Chine. La première raffinerie de l’Ouganda est construite par les Russes, et un autre projet est en cours au Congo. Camerounais, prions le Seigneur.

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