13 juillet 2026

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Sonko brandit la censure face au gouvernement sénégalais

Politique

Sonko brandit la censure face au gouvernement sénégalais

Le leader du Pastef promet une motion de censure si les contrats pétroliers sacrifient les intérêts nationaux

Dakar — Dans un discours marquant prononcé ce dimanche 12 juillet 2026 à Touba, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et figure de proue du Pastef, a lancé un avertissement sans équivoque au gouvernement dirigé par Al Aminou Lo. Il menace de déclencher une motion de censure si les négociations en cours sur les futurs contrats pétroliers ne respectent pas la souveraineté économique du Sénégal.

Moins d’un mois après son éviction du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a choisi la tribune de l’inauguration du siège du Pastef à Touba pour marquer son retour en force sur la scène politique. Ses propos, tenus en wolof, ont été sans concession : il accuse le gouvernement actuel de reproduire les erreurs passées en cédant aux multinationales, notamment BP et Kosmos, les rênes de l’exploitation des ressources gazières et phosphatées.

« Nous savons parfaitement quel rôle il a joué dans cette situation politique », avait-il déjà lancé début juin en référence à Al Aminou Lo. Ce dimanche, la menace est devenue concrète : « S’ils ne respectent pas les intérêts du pays, nous renverserons ce gouvernement », a-t-il martelé sous les vivats de la foule.

L’Assemblée nationale comme rempart contre les « bradages »

Pour renforcer son arsenal politique, Ousmane Sonko a annoncé le dépôt prochain d’une proposition de loi radicale. Ce texte, porté par une députée de son parti, vise à soumettre toute attribution de bloc pétrolier ou gazier à l’approbation préalable des députés. Une condition sine qua non pour garantir la transparence, selon lui. « Avant de concéder un bloc pétrolier, il faudra le présenter à l’Assemblée pour que les élus l’examinent et vérifient qu’il sert bel et bien l’intérêt national », a-t-il précisé, citant en exemple le modèle norvégien.

Cette offensive s’inscrit dans la continuité de son combat historique pour la renégociation des contrats pétroliers. Lorsqu’il était Premier ministre, il avait déjà dénoncé des « contrats hérités » non conformes au code pétrolier et célébré des « victoires majeures » avec la renégociation de blocs comme Yakaar-Teranga. Aujourd’hui, il dénonce une volonté du gouvernement actuel de freiner ces avancées, notamment via des nominations controversées à la tête de Petrosen.

Un bras de fer institutionnel en perspective

La stratégie d’Ousmane Sonko repose sur deux piliers : la pression médiatique et l’action parlementaire. En brandissant la menace d’une censure, il mise sur le soutien de l’opposition et de l’opinion publique, lassée par les scandales passés liés à la gestion des hydrocarbures. Son discours s’appuie sur un constat implacable : « Sous couvert de dynamiser le climat des affaires, on brade nos ressources naturelles », une dérive qu’il associe aux dérives de l’ère Macky Sall.

Avec cette offensive, le leader du Pastef confirme son rôle de principal opposant au pouvoir en place. Son objectif ? Empêcher ce qu’il considère comme une trahison des engagements initiaux du président Faye en matière de souveraineté économique. La bataille pour l’avenir énergétique du Sénégal s’annonce donc aussi politique que technique.

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